CROI 2016 — Une dose d’acide zolédronique pour prévenir la perte osseuse?

Le VIH augmente la perte osseuse, et près de 2/3 des patients VIH sont ostéopéniques et 15% ostéoporotiques, responsable d’une prévalence de fracture 2-9 fois supérieure dans la population VIH âgée. Les ARV aggravent cette perte avec une perte supplémentaire de 2-6% de la densité minérale osseuse (DMO), surtout dans les 48 premières semaines. Ces éléments sont intéressants pour l’utilisation en prophylaxie d’inhibiteurs de la résorption osseuse à longue durée d’action tels que l’acide zolédronique (AZ).


Cette étude a randomisé des patients VIH naifs, non-ostéoporotique, virémiques initiant un traitement antirétroviral avec l’atazanavir/ritonavir/TDF/FTC pour recevoir de l’AZ à dose unique (5 mg, n=34) versus un placebo (n=29) dans une étude de phase 2 en double aveugle Les paramètres biologiques de tolérance, les marqueurs de résorption osseuse et une DMO ont été mesurés aux semaines 0, 12, 24, et 48.

Sur les 63 sujets inclus, 84% étaient noirs, 16% caucasiens, et 21% de femmes avec un âge moyen de 39,6 ans. Le traitement par AZ a été associée à une réduction de 74% de la résorption osseuse à 12 semaines par rapport au placebo [CTx: 0,08 ng / ml (AZ) par rapport aux 0,31 ng / ml (placebo), p <0,001; différence moyenne = -0,23 ng / ml (IC à 95%: -0.31, -0.14)] avec 65% et 56% à 24 et 48 semaines, respectivement.

Résorption osseuse suivant la mise sous ARV

L’AZ permet une augmentation de la DMO lombaire jusqu’à 48 semaines comme détaillée dans la figure avec diminution dans le groupe placebo. Les résultats sont similaires pour la hanche et le col fémoral. 

DMO sur le rachis lombaire

Le taux de suppression virologique et l’augmentation moyenne du taux de lymphocytes T CD4 à 48 semaines étaient similaire entre les bras. L’AZ est bien toléré sans effets secondaires majeurs.

Dans cette étude monocentrique de preuve de concept, une seule perfusion d’AZ au moment de l’initiation du traitement ARV prévient la résorption osseuse et la perte osseuse sur les principaux sites anatomiques de fracture. Ces effets ont été observés dès 12 semaines et persistent pendant 48 semaines. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

— D’après Ofotokun I et al., abstr. 47.

— En collaboration avec le E-journal (Edimark/la lettre de l’infectiologue) avec à la rédaction : jean-Philippe Madiou, Valérie Pourcher-Martinez, Laurence Morand-Joubert et Rodolphe Garaffo.