Un consensus pour prévenir les risques
La nocivité des drogues est un argument majeur de leur interdiction. Cependant, cette nocivité au niveau individuel est différente selon les produits, bien caractérisée pour le cannabis.
La nocivité des drogues est un argument majeur de leur interdiction. Cependant, cette nocivité au niveau individuel est différente selon les produits, bien caractérisée pour le cannabis.
En 2015, une équipe de chercheurs de Bristol a réalisé une méta-analyse sur l’usage médical de cannabinoïdes, en étudiant 79 essais ayant englobé 6 500 participants. Leur travail suggère que le cannabis entraîne une amélioration variable selon les symptômes, mais qu’aucun des tests cliniques ne parvient à démontrer les bienfaits du cannabis avec le degré de certitude exigé d’un médicament conventionnel.
Face à la consommation et au trafic de masse signant l’échec de 100 ans de prohibition, dépénaliser et légaliser de façon encadrée le commerce du cannabis permettrait de réduire les trafics, les risques et la consommation, comme cela a été fait avec succès pour le tabac et l’alcool.
Une société sans drogues a longtemps constitué un idéal sociétal, mais depuis le milieu des années 1980 et l’irruption de l’épidémie de sida qui a décimé les «toxicomanes utilisant la voie intraveineuse», l’éradication des drogues est considérée comme une utopie totalement irréaliste, voire potentiellement dangereuse. Marie Jauffret-Roustide revient sur les politiques publiques qui se donnent actuellement un objectif plus réaliste d’apprendre à vivre avec les drogues en les «domestiquant» afin d’en atténuer les principaux risques et dommages, par le biais du référentiel de la réduction des risques (RdR).
La légalisation du cannabis est en marche dans de nombreux pays, inéluctablement. Quand et comment se fera-t-elle en France, et en Europe? Quelle réflexion et quelles démarches sont nécessaires pour passer du débat à la réalité?