Modification de la masse corporelle et risque cardiovasculaire dans la cohorte D:A:D

Le but de l’étude D:A:D (Data Collection o­n Adverse events of Anti-HIV Drugs) est d’évaluer l’effet des changements d’indice de masse corporelle (IMC) à partir de l’IMC initial sur le risque de maladie cardiovasculaire (MCV) et de diabète.

D’après Petoumenos K et al., abstr. 83, actualisé, CROICROI «Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections», la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes annuelle où sont présentés les dernières et plus importantes décision scientifiques dans le champs de la recherche sur le VIH. 2020.

En population générale, un IMC élevé est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires. Un IMC faible est associé à une mortalité accrue dans la population générale et est également associé au risque de pathologies cardiovasculaires, de cancer et à la mortalité chez les personnes vivant avec le VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi.

Tous les participants de l’étude D:A:D sous antirétroviraux avec au moins deux mesures d’IMC disponibles et au moins un an de suivi supplémentaire après l’entrée dans la cohorte [1999 – 2009] ont été inclus. Les patients avec MCV ou diabète déjà connus étaient exclus. Les critères d’évaluation étaient «premier événement MCV» (composite d’infarctus du myocarde / accident vasculaire cérébral / procédure cardiovasculaire invasive) et «premier événement lié à un diabète»: soit glucose à jeun >7,0 mmol/L à au moins 2 reprises, ou une seule valeur d’hémoglobine A1c >6,5%, ou symptômes avec un taux de glucose aléatoire >11,1mmol/L, ou test au glucose oral de 2h >11,1mmol/L ou utilisation de médicaments antidiabétiques.

Les participants ont été stratifiés en fonction de leur IMC de base <20, 20-24,9, 25-29,9 et >30kg/m2.

Au total, 43011 participants ont été inclus avec 2104 événements cardiovasculaires et 1583 événements liés au diabète au cours de 365287 et 354898 années-personnes de suivi (taux: MCV 5,8/1000 (intervalle de confiance (IC) à 95% de 5,5 à 6,0); diabète 4,5/1000 (IC à 95%) 4.2–4.7)). Les participants étaient en grande partie des hommes (74%) avec un âge moyen initial de 40 ans et un IMC médian de base à 23 kg/m2 (IQR: 21,0-25,3).

Il n’a pas été démontré de risque accru de MCV avec l’augmentation de l’IMC dans toutes les strates de base de l’IMC. En revanche, une augmentation de l’IMC était associée à un risque accru de diabète dans toutes les strates d’IMC de base. Bien que l’augmentation de l’IMC quelque soit l’IMC de base n’était pas associée à un risque accru de MCV, ces changements étaient systématiquement associés à un risque accru de diabète.

Une analyse plus approfondie du changement de poids selon le type d’antirétroviraux reçus et des événements cliniques est nécessaire.

Cet article a été publié dans la Lettre de l’infectiologue consacrée à la CROI 2020. Nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.