Le type de génotype CYP2B6 métaboliseur est-il associé à une prise de poids chez les femmes africaines?

Deux études randomisées et contrôlées réalisées en Afrique (NAMSAL et ADVANCE) ont fait état d’une prise de poids plus importante à S48 sous dolutégravir (DTG) versus efavirenz (EFV), en particulier chez les femmes.

L’EFV a une toxicité mitochondriale associée à une lipoatrophie. Les auteurs de l’étude présentée en session orale ont émis l’hypothèse que le type de génotype CYP2B6 métaboliseur, qui est prédictif de l’exposition à l’EFV, pourrait déterminer la prise de poids et la distribution des graisses chez des patients initiant un traitement antirétroviral comportant de l’EFV.

Les génotypes CYP2B6 métaboliseurs lents sont particulièrement fréquents en Afrique (environ 20 %). Les patients sont issus du bras EFV/TDF/FTC de l’étude ADVANCE ayant consenti à un test génétique. Les génotypes CYP2B6 étaient classés en métaboliseur ultra-rapide, intermédiaire et lent. Les critères d’évaluation ont porté sur les variations du poids et celles de la masse graisseuse au niveau du tronc et des membres (DEXA) entre l’inclusion et S48 en fonction du génotype CYP2B6. La prise de poids a également été comparée pour les métaboliseurs ultra-rapides dans les bras EFV/TDF/FTC et DTG/TDF/FTC.

Les résultats portent sur 171 patients dont 51 métaboliseurs ultra-rapides, 74 intermédiaires et 46 lents (tableau 1). La moyenne d’âge était de 32 ans, 57 % de femmes, IMC médian à 23,7 kg/m2 et médiane des CD4 à 292 cellules/mm3

Les pourcentages de variation du poids entre l’inclusion et S48 varient en fonction du génotype métaboliseur CYP2B6 (p=0,004), avec des différences plus marquées chez les femmes au cours du temps (figure 1). Chez les hommes, il existe également des différences en fonction du génotype métaboliseur en termes de variation du poids au début de l’étude (p=0,007 à S12, p=0,053 à S24) mais l’effet s’atténue au fil du temps. 

Le pourcentage de variation de la graisse au niveau des membres en DEXA entre l’inclusion et S48 diffère selon les types de génotype chez les femmes (p=0,008), l’augmentation la plus importante étant observée chez les métaboliseurs ultra-rapides mais cet effet n’est pas observé chez les hommes (p =0,680) (figure 2)

Cette différence n’est pas retrouvée pour la graisse tronculaire qu’il s’agisse des femmes (p=0,082) ou des hommes (p=0,732). Enfin, chez les métaboliseurs ultra-rapides, le pourcentage de variation du poids entre l’inclusion et S48 est comparable pour les bras EFV/TDF/FTC et DTG/TDF/FTC (tableau 2)

Bibliographie

D’après Griesel R et al. abstr. 82, actualisé, CROI 2020.

Cet article a été publié dans la Lettre de l’infectiologue consacrée à la CROI 2020. Nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.

porta. efficitur. ultricies Aliquam Nullam adipiscing luctus ut dolor.