Recherche — Un nouveau peptide pour bloquer l’entrée du VIH dans les cellules

Des scientifiques italiens1P. Lusso, L. Vangelista, R. Cimbro, M. Secchi, F. Sironi, R. Longhi, M. Faiella, O. Maglio, V. Pavone. Molecular engineering of RANTES peptide mimetics with potent anti-HIV-1 activity. The FASEB Journal, 2011; DOI: 10.1096/fj.10-167627 ont conçu un nouvel inhibiteur d’entrée du VIH dans les cellules, ciblant le co-récepteur CCR5. Cette découverte fait l’objet d’un article paru en avril 2011 dans le FASEB Journal.

Le VIH utilise plusieurs récepteurs différents afin de pouvoir entrer dans les cellules et les infecter. Le récepteur principal est la molécule CD4 et les deux co-récepteurs majeurs sont CCR5 et CXCR4, exprimés, entre autre, à la surface des cellules T, principales cibles du virus. Les inhibiteurs de l’entrée virale sont une classe de médicaments antirétroviraux, qui visent à empêcher le virus d’entrer dans les cellules et par conséquent de les infecter. Depuis quelques années, sont apparus des médicaments qui se lient au CCR5, empêchant ainsi la fixation du VIH. Ce type de médicament peut donc empêcher l’infection par un grand nombre d’isolats du VIH de tropisme R5, mais sans avoir d’effet sur les VIH de tropisme X4 (qui utilisent le CXCR4 pour entrer dans la cellule). Les isolats R5 sont les plus fréquents et ceux qui sont généralement responsables de la transmission.

Les chercheurs ont donc conçu un peptide qui est une imitation d’un ligand naturel de CCR5, la chimiokine inflammatoire RANTES. L’intérêt de ce peptide est qu’il bloque un grand nombre d’isolats R5 du VIH, tout en n’induisant pas la réaction pro-inflammatoire qui est normalement observée lorsque RANTES se fixe (réaction pro-inflammatoire délétère dans le SIDA qui est une maladie inflammatoire chronique).

C’est une caractéristique essentielle pour tout inhibiteur ciblant CCR5 : il faut éviter l’activation de CCR5 par la liaison du ligand et tout effet secondaire non désiré lié à cette activation. Ainsi, ce nouveau peptide, tout en bloquant le VIH, aurait plutôt un effet anti-inflammatoire et serait donc bénéfique. Ce peptide pourrait en plus avoir des effets bénéfiques dans le traitement d’autres pathologies inflammatoires telles que, l’arthrite, le lupus, et prévenir le rejet de greffes.

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