Session plénière — Casablanca 2010: le VIH, «un prédateur unique et une somme de paradoxes»

La séance plenière du lundi 29 mars a permis de bien délimiter les enjeux majeurs liés à cette 5ème Conférence francophone VIH-sida, qui se tient jusqu’au mercredi 31 mars à Casablanca.

Dans son intervention, Catherine Hankis, de l’ONUSIDA, a soulignée que «la prévention avait évolué». Il convient de bâtir une stratégie de synergie: le traitement et la prévention se renforcent mutuellement. Mais aujourd’hui, les bénéfices du traitement renforcent la prévention. Catherine Hankis a souligné qu’il était très important de «connaître son épidémie» pour améliorer la riposte.Concernant les outils de prévention, il conviendrait d’améliorer les campagnes autour du préservatif féminin, qui a montré une efficacité importante (une réduction de 90% du risque annuel). La circoncision masculine est aussi de plus en plus populaire et une campagne utilise ainsi la métaphore du football et du travail d’équipe pour se prémunir du VIH.

L’année 2010 devrait également être marquée par les résultats de l’étude Caprisa 004, réalisée chez des femmes, avecun microbicide à base de Ténofovir; même chose pour plusieurs essais de PreP (prohylaxie pré-exposition), puisque plus de 20000 personnes ont été recrutées dans plusieurs essais. Plusieurs essais très commentés ont également fait la preuve de la très forte diminution de la transmission, grâce au traitement, dans les couples sérodiscordants. Des innovations pour tirer partie des nouvelles technologies de l’information (SMS, hotline, etc.) sont également à favoriser.

Vibrant plaidoyer pour le Fonds mondial

Jean-Paul Moatti a poursuivi avec un vibrant plaidoyer en faveur de l’intensification des efforts financiers dans la lutte contre le VIH. Moatti a expliqué que de nombreuses idées reçues circulent désormais parmi les donateurs: «le sida, ce n’est pas si grave», «on en fait pas assez pour les autres», «mieux vaut moins mais mieux», idées qu’il a voulu battre en brèche en expliquant tous les bénéfices appportés par le Fonds mondial dans la lutte contre les trois pandémies: sida, paludisme, tuberculose. Même si la crise économique rend les choses plus difficiles, ce sont les pays du Sud qui souffrent le plus. En résumé, il a plaidé pour que les pays donateurs s’engagent, en octobre 2010 à New York, pour donner au Fonds mondial 20 milliards de dollars pour les trois années 2011 à 2013. Où trouver l’argent? En instaurant la taxe Robin sur la spéculation financière. En prélevant 0,005% sur les transactions de change, ce sont des centaines de milliards de dollars qui seraient ainsi générés chaque année.

Brillante avocate des traitements, Christine Katlama a conclu cette première plénière par un tour d’horizon des nouvelles stratégies antirétrovirales, que ce soit pour le Nord ou le Sud. Elle a défini le VIH comme un «prédateur unique et une somme de paradoxes». Même si nous avons obtenu de grandes victoires, la vie des malades n’est selon elle pas «normalisée». Le Pr Katlama a expliqué qu’il existe de moins en moins d’arguments pour débuter tard le traitement. L’essai START nous dira ainsi dans quelques années si démarrer un traitement à plus de 500 CD4 présente des bénéfices. L’objectif de l’indétectabilité est majeur, et l’utilisation des nouvelles molécules, comme le raltégravir ou le darunavir doit être favorisée. 

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