Telecom — Le téléphone au service de la santé

L’ITU Telecom world 2009 qui s’est tenu à Genève au début du mois d’octobre 2009 a été l’occasion d’évoquer le rôle des technologies de la communication pour le développement. Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, a mis l’accent sur les perspectives d’exploitation de la diffusion rapide des téléphones portables dans les pays du sud pour l’accès des populations à l’information et au soin.

Le téléphone, nouvelle arme contre le sida? Si on en croit les projets suivants, c’est une possibilité. L’ONG Text To Change (TTC), créée en 2006 et basée aux Pays-bas, a lancé en février 2008 en Ouganda, en partenariat avec l’Aids Information Center, un programme pionnier d’information par messages SMS pour encourager au dépistage. Le succès du programme a conduit à son renouvellement à trois reprises avec différents partenaires au cours de l’année 2009. L’un de ces programmes proposait un quizz interactif par SMS.

En 2008, en Afrique du sud, le réseau international Pop!Tech, sollicité par Zinhle “Zinny” Thabethe, militante séropositive, lançait le projet Masiluleke, dans le cadre de son programme PopTech Accelerator, consistant à mobiliser les compétences de partenaires internationaux d’horizons très divers et les nouvelles technologies pour monter des projets de développement dans tous les domaines. Il s’agissait ici d’une part d’envoyer chaque jour à 1 million d’abonnés un message les encourageant à appeler les services d’information sur le sida, et d’autre part de rappeler aux patients sous traitement les dates de rendez-vous à la clinique. Un troisième volet consistant à accompagner par téléphone l’usage d’auto-tests de dépistage est en projet.

Phones for Health

Le PEPFAR, vaste programme américain de lutte contre le sida dans les pays en développement, compte sur les téléphones mobiles, à travers le projet Phones for Health (des téléphones pour la santé), pour faciliter la communication entre les autorités sanitaires et les zones isolées, dans des pays ou l’accès à internet est encore aléatoire, pour la récolte des données, la diffusion d’information et l’aide à la décision tant des fournisseurs de soins que des personnes touchées elle-mêmes. Après le Rwanda, le projet devrait être étendu à 9 autres pays d’ici à 2010.

Les campagnes d’information nationales grand public utilisant le SMS comme support de diffusion se multiplient. En septembre 2009 par exemple, Irinews rapportait que le Bureau fédéral de prévention et de contrôle du VIH/SIDA (HAPCO) avait envoyé, à l’occasion du nouvel an éthiopien, un message d’encouragement au dépistage par SMS à tous les abonnés du fournisseur national de télécommunications, Ethiopian telecommunications corporation.

Mobile Health

Plus largement, la Fondation des Nations Unies s’est associée avec la Fondation Vodafone pour créer le programme Mobile Health (mHealth) for Development pour favoriser la collecte des données et améliorer «l’accès, l’efficacité et la qualité des services de santé dans les pays en développement». Dans le rapport «Wireless technology for social change : trends in NGO mobile use», un chapitre est consacré à une expérience sud-africaine de suivi des patients sous ARV en zone rurale, menée par l’ONG Cell-Life. Le rapport «mHealth for Development: The Opportunity of Mobile Technology for Healthcare in the Developing World», quant à lui, détaille les différentes applications possibles et présente toute une série d’expériences réussies à travers le monde.

On constate par ailleurs que la diffusion de plus en plus large des téléphones portables augmente considérablement l’audience des services plus traditionnels de lignes d’écoute lorsque les opérateurs acceptent de contribuer à en réduire le coût. Les nouvelles lignes d’écoute gratuites se multiplient sur le continent africain, comme en témoigne l’activité croissante de «transfert d’ingéniérie, de pratiques et de savoir-faire de la relation d’aide à distance» de Sida Info Service dans les pays en développement depuis 1999.

Suisse

L’Aide Suisse contre le Sida a lancé deux initiatives exploitant les ressources qu’offre le téléphone pour la prévention primaire.  L’ONG s’est d’abord associée à la société MINICK pour proposer aux abonnés l’envoi, au prix de 20 centimes, d’un SMS rappelant les règles de base du sexe à moindre risque. Elle propose par ailleurs aux propriétaires d’IPhones une application téléchargeable sur le site ITunes, « Kondom localizr », permettant de localiser le distributeur de préservatifs le plus proche, grâce à un partenariat avec l’entreprise de distribution Selecta.

> Lire le communiqué de l’Onusida.

> Lire l’article du Monde « Pays en développement : les technologies mobiles au secours des systèmes de soins ?« 

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