Elle est faible pour l’usage occasionnel et convivial, mais des risques avérés existent pour les usages précoces à l’adolescence et l’usage régulier et intense. La prévention est donc une dimension forte de toute nouvelle politique du cannabis. Elle est actuellement considérablement limitée et inefficace par l’interdiction de l’usage.

Quel est dans ce contexte l’intérêt de la légalisation?

Un consensus se dégage pour sécuriser l’usage occasionnel et festif et prévenir les risques de tous ordres autour des points suivants:

  • la nécessité de la protection des adolescents contre l’usage précoce;
  • l’information sur la nature de la substance, sa forme et sa teneur en THC qui font varier sa nocivité, tant du point de vue pulmonaire que neurobiologique. La légalisation permettra de conseiller sur les produits les moins nocifs (herbe versus résine), de promouvoir des modes de consommation autres que la cigarette qui associe tabac et cannabis, de donner une information précise sur les effets recherchés et négatifs du cannabis, notamment cognitifs et psychiatriques, souvent exagérés ou au contraire minorés;
  • l’approche éducative qui implique de tourner le dos à l’interdit pour promouvoir les compétences psychosociales et s’inscrire dans le socle plus large de la promotion de la santé;
  • la responsabilisation du consommateur en connaissance des effets positifs et négatifs des produits distribués légalement;
  • une réflexion approfondie sur les modalités réglementaires (quelles infractions, quelles sanctions, quelle prise en compte des contextes de consommation) est nécessaire qui permet de faire une distinction efficace entre offre et usage légaux et marché illicite.

Pour progresser, il est nécessaire que la société civile se mobilise car, sans elle, les politiques resteront dans leur confort : le silence. Que chacun dans la société prenne ses responsabilités : les politiques, la société civile, les professionnels!