Les chercheurs ont analysé pour cette étude1 des informations concernant environ 18 000 personnes en Europe et en Amérique du Nord ayant ont commencé leur traitement du VIH entre 1996 et 2008. Tous les patients ont été suivis pendant au moins un an après le début du traitement, et la plupart (60%) étaient des fumeurs.

Le taux de mortalité toutes causes confondues était de 7,9 pour 1 000 personnes exposées par an pour les fumeurs et 4,2 pour 1 000 personnes par an pour les non-fumeurs. Dans l'ensemble, les fumeurs connaissent donc un risque deux fois plus élevé de mortalité par rapport aux non-fumeurs ([RR] = 1.94, [IC 95 % : 1.56-2.41]).

Près des trois quarts (71%) des décès enregistrés n’étaient liés au sida , le taux de décès non liés au sida étant significativement plus élevés chez les fumeurs (RR = 4,6 par 1 000 années-personnes) que chez les non-fumeurs (RR = 2,6 par 1 000 années-personnes). Les taux de maladies cardiovasculaires, des cancers non-classant sida et de maladies du foie étaient significativement plus élevés chez les fumeurs.

L’arrêt du tabac, grandement bénéfique

Les données détaillées concernant les antécédents de tabagisme étaient disponibles pour environ 8500 personnes. Celles-ci ont montré que, par rapport aux personnes qui ne avaient jamais fumé, le risque de mortalité n’était pas significativement augmenté pour personnes qui avaient cessé de fumer (RR = 0,92), uniquement pour les fumeurs actuels (RR = 1,70).

Les auteurs de l’étude concluent que «la constatation d'un risque nettement plus faible de décès [chez les anciens fumeurs] indique l’intérêt potentiel de l'inclusion du sevrage tabagique dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH», ajoutant «les interventions de sevrage tabagique devraient être prioritaires».

Source

  • 1. Helleberg M et al. Smoking and life expectancy among HIV-infected individuals on antiretroviral therapy in Europe and North America: the ART Cohort Collaboration. AIDS 28 (online edition). DOI: 10.1097/QAD.0000000000000540 (2014).