Alcool, pratiques soignantes et alcoolodépendance

La revue

Alcool, pratiques soignantes et alcoolodépendance Télécharger la revue (PDF, 560 KB)

Une fois n’est pas coutume, Swaps ouvre un dossier à un segment ancestral et en pleine évolution de l’addictologie centré sur l’usage de «la drogue officielle élevée au rang de patrimoine, totem autour duquel s’organise des rites de socialisation»: l’alcool, selon l’expression de Matthieu Fieulaine.

Plusieurs raisons ont préfiguré cette légitime intrusion de Swaps dans le monde de l’al- coologie : la fin du dogme de l’abstinence comme seul projet thérapeutique valable, les nouveaux essais thérapeutiques des molécules ciblées sur l’alcoolodépendance  et, plus encore, le fait que, désormais, 30 ans après les premiers soubresauts de l’alcoologie en France, celle-ci rentre dans le champ de la réduction des risques (RdR).

Le baclofène, figure de proue de l’exceptionnalisme français en miroir des lobbies pro- alcool et pro-terroir y est pour beaucoup —trop?— dans la visibilité publique du débat sur la RdR liée à la consommation excessive d’alcool. En sachant que le baclofène n’est pas la réponse unique à la question. D’autres molécules telles que le nalméfène bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne. Il est intéressant de constater que, dans les essais thérapeutiques de ces produits, tous les patients sont globalement tous améliorés, et ce quel que soit le type de traitement proposé, placebo compris. Ce qui conforte l’idée d’un accompagnement psychosocial comme base du traitement des conduites addictives à l’alcool. Nous reviendrons bien sûr sur cette question de l’alcool dans Swaps, notamment en exprimant les séismes que vivent actuellement certaines associations fondées sur le principe des Alcooliques Anonymes et pour lequel le champ de la RdR était, par essence, exclu de principe mais fait aujourd’hui largement débat au sein des associations de consommateurs.

Ce numéro 73 de Swaps passe en revue, grâce à la plume alerte de Florence Arnold-Richez, d’autres aspects de la RdR que ceux de l’alcool, à l’instar du programme SAFE d’échange de seringues par voie postale ou du compte-rendu du 11 colloque Toxicomanies Hépatites Sida (THS 11), qui s’est tenu à Biarritz en octobre dernier. Sans oublier la fiche technique, qui répond en écho aux aspects de la RdR évoqués sur l’alcoologie moderne avec une proposition plus globale du Dr William Lowenstein qui plaide pour une nouvelle politique nationale de santé des addictions. Soit une véritable révolution post-traitement de substitution aux opiacés (TSO) et post-échange de seringues, avec notamment la demande d’une mise en chantier d’une agence de recherche dans la lignée du National Institute on Drug Abuse (NIDA) nord-américain et d’un conseil national sur les addictions. Pas certain que ce soit actuellement la priorité des politiques.

mi, leo porta. ut felis non justo