Vaccin préventif contre le VIH: retour sur l’échec d’un candidat prometteur

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé lundi l’arrêt de l’essai clinique de Phase IIb/III d’un schéma vaccinal préventif contre le VIH en Afrique du Sud, car il n’a pas démontré qu’il permettait de limiter les contaminations.

Les autorité sanitaires américaines en charge, le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), ont décidé de mettre un terme en février 2020  à un essai vaccinal, car les deux candidats-vaccins associés ne permettaient pas de protéger les participants contre le VIH.

Cet essai clinique de phase 2b/3, baptisé HVTN 702 ou Uhambo, avait débuté en 2016 en Afrique du Sud et visait à tester les seuls candidats-vaccins ayant offert une protection partielle contre le VIH lors d’un essai précédent en Thaïlande, en 2009. Le schéma vaccinal comprenait deux composantes, un vaccin à base de vecteur contre la canarypox appelé ALVAC-HIV (Sanofi Pasteur®) et un vaccin à deux composants comprenant la sous-unité protéique gp120 (GSK®). Le schéma est celui du «prime boost»: le premier composant prépare la réponse immunitaire, qui est démultipliée lorsque le second est injecté comme un rappel boosté. Un peu à l’image de la petite voiture à frottement de l’enfance. L’essai précédent, HVTN 100, avait révélé que ce nouveau schéma vaccinal était sûr et induisait des réponses élevés d’anticorps contre plusieurs souches de VIH répandues en Afrique australe.

L’essai randomisé avait enrôlé plus de 5400 volontaires, des hommes et des femmes séronégatives sexuellement actives entre 18 et 35 ans, dans 14 lieux du pays. L’un des bras avait reçu une combinaison de deux vaccins expérimentaux, l’autre des injections placebo, ceci à raison de six doses sur une période de 18 mois. La Prep, prophylaxie pré-exposition, était également proposée aux participants. Le candidat vaccin avait été adapté au VIH de sous-type clade C, le plus commun dans le sud de l’Afrique.

Aucune réponse immunitaire protectrice n’avait été détectée dans le groupe vacciné, même après 18 mois, le temps nécessaire pour induire une réponse. D’autre part, 129 infections liées au VIH ont été diagnostiquées chez les participants vaccinés et 123 infections chez ceux qui avaient reçu le placebo.

Une déception, mais d’autres études

Cette annonce est un coup dur pour les équipes qui travaillaient sur les candidats-vaccins. Les échecs en recherche surviennent normalement dans des stades moins avancés. 

Ces résultats décevants nous rappellent que les annonces concernant les supposées découvertes de «vaccin contre le VIH» sont encore à accueillir avec prudence.  

«Un vaccin contre le VIH est essentiel pour vaincre la pandémie mondiale, et nous espérions que ce candidat marcherait», avait déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, qui a financé l’essai. «Ce n’est malheureusement pas le cas.»

L’essai HVTN 702 faisait partie d’un projet de recherche sur les vaccins anti-VIH dirigé par le partenariat public-privé Pox-Protein, ou P5, un groupe d’organisations publiques et privées travaillant sur la base de l’essai RV144. Les membres du P5 sont le NIAID, la Fondation Bill & Melinda Gates, le Conseil sud-africain de recherche médicale, le HIV Vaccine Trials Network (HVTN), Sanofi Pasteur®, GSK® et le Programme militaire américain de recherche sur le VIH.

«Même si c’est un revers important pour le secteur, nous devons continuer la quête pour un vaccin préventif», avait indiqué Linda-Gail Bekker, responsable du protocole d’essai clinique et ancienne présidente de l’International AIDS Society (AIS).

Il existe plusieurs autres essais en cours pour tenter de trouver un vaccin. L’un, Imbokodo, a lieu en Afrique sud-saharienne et en Afrique du Sud, un autre, HPX3002/HVTN 706 ou Mosaico, est mené sur plusieurs sites en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe.

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