L’insécurité alimentaire associée à une mauvaise observance

Selon une étude réalisée en Namibie, plus de la moitié des adultes séropositifs fréquentant une clinique à Windhoek sont confrontés à une grave insécurité alimentaire, associée à une mauvaise observance thérapeutique.

L’étude1Household food insecurity associated with antiretroviral therapy adherence among HIV-infected patients in Windhoek, Namibia. Hong SY, Fanelli TJ, Jonas A, Gweshe J, Tjituka F, Sheehan HM, Wanke C, Terrin N, Jordan MR, Tang AM. J Acquir Immune Defic Syndr. 2014 Dec 1;67(4):e115-22. doi: 10.1097/QAI.0000000000000308. prévoyait un questionnaire unique et l’utilisation des données pharmacologiques recueillies régulièrement. L’observance était estimée grâce à l’indice de possession de médicaments (ou MPR, medication possession ratio, soit le nombre de comprimés délivrés divisé par le temps), Un indice élevé (supérieur à 80%) est associé à un taux élevé d’observance. Il s’agit d’une des premières études quantitatives sur le sujet.

Ainsi, parmi 390 participants, 7% étaient en sécurité alimentaire, 25% étaient légèrement ou modérément en insécurité alimentaire et 67% faisaient face à une insécurité alimentaire grave. L’insécurité alimentaire sévère est associée à un indice de possession de médicaments inférieur à 80% 2[odds ratio (OR), 3,84; 95% intervalle de confiance (IC): 1,65 à 8,95]. L’augmentation des dépenses de soins de santé des ménages 3OR, 1,92; IC 95%, 1,02 à 3,57 et une plus longue durée du traitement ARV 4OR, 0,82; IC 95%: 0,70 à 0,97 étaient également associés à un indice inférieur à 80%. Dans le questionnaire, quatre des dix principales raisons données pour avoir manqué une prise de médicament étaient liés à l’insécurité alimentaire, par exemple, «Je n’ai pas pu prendre mes ARV parce qu’ils me donnent faim et que je n’ai pas assez de nourriture» ou «Je n’ai pas pu prendre des ARV parce que je ne peux pas me payer une nourriture adaptée à la prise de médicaments».

Pour les chercheurs, l’insécurité alimentaire est en train de devenir un obstacle important à l’adhésion à la thérapie antirétrovirale. Assurer un accès fiable à la nourriture devrait être un des composants de la délivrance des antirétroviraux dans les pays à ressources limitées.

Notons enfin que d’autres facteurs, comme la dépression et certains modes de transport pour se rendre à la clinique tels que la marche, le vélo ou l’auto-stop, ont également été significativement associés à une mauvaise observance.

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