Tabac — Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer, une nouvelle étude chez les plus de 60 ans le démontre !

Cet article a été publié dans le Swaps n°69. Il rend compte du premier colloque commun Cnam/AIDES/vih.org organisé le 29 novembre 2012 au Conservatoire National des Arts et Métiers.à Paris.

L’étude de Doll et Peto publiée en 1984 sur les habitudes en matière de tabac de médecins britanniques suivis pendant 40 ans et d’autres études parus depuis ont confirmé que le tabagisme provoque un risque majeur de mort prématurée et que cela concerne un fumeur sur deux. En fait, la suite de l’étude de Doll et Peto montre qu’il s’agit plutôt de deux fumeurs sur trois qui meurent prématurément du tabac. Cette méta-analyse porte sur 17 études réalisées dans 7 pays. Dans toutes ces études, le tabagisme actuel était associé à une augmentation de la mortalité, toutes causes confondues, et la mortalité relative (MR) par rapport à celle des non-fumeurs était entre 1,2 et 3,4 dans les différentes études, et de 1,83 (IC95 : 1,65-2,03 ; p < 0,001) pour la méta-analyse (un peu plus élevée chez les hommes [MR = 1,90 ; IC95 : 1,72-2,10 ; p = 0,009] que chez les femmes [MR = 1,80 ; 1,59-2,04 ; p < 0,001]). La MR diminue avec l’âge, elle passe de 1,94 (1,57-2,40) pour les 60 à 69 ans, à 1,86 (1,55-2,22) pour les 70 à 79 ans et à 1,66 (1,30-2,12) pour les 80 ans et plus. Pour les ex-fumeurs, la MR (1,34 ; 1,28-1,40) diminue aussi avec l’âge de 1,54, 1,36 et 1,27 respectivement dans les trois classes d’âges mentionnées ci-dessus. Pour les exfumeurs, la réduction du risque est de 27% (1,83-1,34 ; 1,83). Dans les trois classes d’âge de cette même population, la réduction du risque est de 21% (60 à 69 ans), 27% (70 à 79 ans) et 23% (80 ans et plus), montrant ainsi que le bénéfice de l’arrêt persiste même lorsqu’il est réalisé à un âge avancé. Dans tous les cas, cette réduction du risque s’accroît bien évidemment avec la durée de l’abstinence, ceux ayant arrêté avant 40 ans réduisent considérablement ce risque, voire n’en subissent aucune conséquence.

Référence

Cet article reprend un abstract parus dans la Lettre de la Société française de tabacologie n°31

Gellert C, Schöttker B, Brenner H.
Smoking and all-cause mortality in older people: systematic review and meta-analysis.
Arch Intern Med. 2012 Jun 11;172(11):837-44.

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