PTME — Sud: De nouvelles molécules pour protéger l’allaitement

Après la grossesse et l’accouchement, l’allaitement est le 3e défi de la prévention de la transmission mère-enfant (PTME). Pour que la mère puisse allaiter naturellement sans risquer de transmettre le virus, la femme ou l’enfant doivent bénéficier d’une prophylaxie efficace. Les premiers résultats de l’étude ANRS 12174 Promise-PEP laissent envisager de nouvelles options thérapeutiques.

L’une des solutions de PTME est de proposer aux enfants allaités, et non à la mère, une prophylaxie quotidienne de névirapine, efficace inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI). L’étude ANRS 12174 Promise-PEP1Towards Elimination of Breastfeeding Transmission by Infant Prep: Results of ANRS 12174 Trial Using Boosted Lopinavir or Lamivudine in Africa ; Thorkild Tylleskar, Nicolas Nagot, Chipepo Kankasa, Nicolas Meda, James Tumwine, Amwe Aku, Mwiya Mwiya, Grace Ndeezi, Roselyne Vallo and Philippe Van de Perre for the ANRS 12174 trial group a été mise en place en Afrique en mai 2009 afin de trouver une alternative à la névirapine et d’acquérir des données d’efficacité sur toute la période d’allaitement (un an selon les recommandations OMS).

Les premiers résultats globaux —l’étude se terminera fin avril 2013— présentés à la CROIS 2013 sont particulièrement encourageants. Le taux constaté de transmission de la mère à l’enfant est de 1.1%, à 12 mois, soit «le plus bas jamais encore obtenu en période d’allaitement» selon l’investigateur principal de l’étude, le professeur Philippe Van de Perre (INSERM U1058, Université de Montpellier 1, Montpellier).

Un taux bien inférieur aux objectifs de l’OMS, qui sont de réduire d’ici 2015 à moins de 5% le risque de transmission par allaitement. Aujourd’hui, sur 330 000 contaminations pédiatriques annuelles, 200000 ont lieu pendant l’allaitement.

Deux molécules évaluées

Dans cette étude portant sur 1273 enfants nés de mères séropositives dont l’état de santé ne nécessite pas qu’elles prennent un traitement, deux molécules sont évaluées. A partir du 7e jour de vie, les nouveau-nés non infectés par le VIH, ont reçu comme traitement soit la lamivudine, soit l’association lopinavir/ritonavir et ce, jusqu’à 1 semaine après le sevrage. La lamivudine est un inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI), qui peut induire également une résistance en mono prophylaxie si le sujet est infecté, mais qui ne s’étend pas à l’ensemble des molécules de la même classe. La seconde est l’association lopinavir/ritonavir (LPV/r), inhibiteur de la protéase du VIH, qui n’engendre que peu de résistance. La lamivudine a en plus l’intérêt d’être encore moins chère que la névirapine.

De plus, le taux de survie des nouveau-nés qui restent non-infectés jusqu’à 50 semaines est de 96%, soit le plus élevé jamais rapporté. Ces données sont les premières dont nous disposons sur l’efficacité d’une stratégie de traitement chez l’enfant pendant toute la durée de l’allaitement.

Enfin, alors que l’idée d’empêcher à tout prix que le virus ne s’installe dans les réservoirs après la contamination convainc de plus en plus de professionnels, proposer une prophylaxie à l’enfant permettait peut-être également, qu’en cas de transmission, il bénéficie immédiatement d’un traitement efficace.

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