Le taux croissant de relations sexuelles non protégées parmi les hommes gays balaye les bénéfices du diagnostic et du traitement du VIH (Michael Carter, Aidsmap)

Michael Carter, Aidsmap – L’épidémie en cours parmi les hommes gays aux Pays-Bas est due à une augmentation des taux de rapports sexuels non protégés, rapportent les chercheurs dans l’édition en ligne de AIDS.

Les taux plus élevés de relations sexuelles non protégées, notamment chez les personnes non diagnostiquées et celles qui ne prennent pas de traitements antirétroviraux, annulent largement les avantages procurés par le dépistage et le traitement.

« L’épidémie résurgente aux Pays-Bas s’explique par le nombre croissant de comportements à risque, principalement parmi les individus non-diagnostiqués », écrivent les auteurs.

Les gays continuent d’être au centre de l’épidémie de VIH. Le nombre de diagnostics a augmenté ces dernières années et les signes indiquent que l’incidence du VIH chez les hommes gays est également en hausse.

Parmi les causes possibles de l’épidémie actuelle et peut-être résurgente du VIH parmi les gays, se trouvent : un taux élevé de rapports sexuels non protégés chez les individus qui ne connaissent pas leur séropositivité et chez ceux qui ne prennent pas de traitement antirétroviral, et le taux élevé d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) présentes chez les hommes gays.

Une équipe internationale de chercheurs a voulu comprendre plus clairement les raisons de cette situation.

Ils ont donc mis au point un modèle mathématique basé sur les données annuelles des diagnostics du VIH et du Sida aux Pays-Bas entre 1980 et 2009. Des hypothèses sur l’efficacité des traitements anti-VIH, l’infectiosité des individus pendant les phases aigues et chroniques de l’infection, ainsi que l’impact du traitement antirétroviral suppressif sur les risques de transmission ont été intégrés dans ce modèle.

Grâce à ce modèle, les chercheurs ont calculé les taux de transmission et de diagnostics.

Les informations issues de l’étude de cohorte d’Amsterdam ont également été utilisées dans ces estimations. Cette étude a été établie en 1984 et les chercheurs se sont concentrés sur les données relatives à la proportion des hommes séronégatifs qui ont rapporté avoir des rapports sexuels anaux non protégés avec un autre homme au cours des six derniers mois.

Les deux modèles se sont avérés concordants. Les deux ont en effet montré que les comportements à risque avaient diminué de moitié entre les années 1980 et 1990, ce qui a permis de limiter la propagation du VIH parmi les hommes gays.

Néanmoins, l’incidence a ensuite augmenté. Ceci peut être principalement attribué au taux croissant de relations sexuelles anales non protégées parmi les hommes non diagnostiqués.

« La hausse des comportements à risque parmi les individus non traités vient contrebalancer les bénéfices obtenus en terme de réduction de l’incidence grâce au dépistage et au traitement, qui réduisent la transmission », commentent les chercheurs de l’étude.

Grâce aux bénéfices des trithérapies antirétrovirales sur la santé, rien n’a indiqué que l’épidémie résurgente soit associée à une hausse du taux de mortalité. « Néanmoins sur le long-terme, le coût des soins et des morbidités associées à l’infection à VIH risque d’être substantiel » alertent les auteurs.

Ces derniers ont conclu : « une réduction de l’incidence pourrait être obtenue grâce à une augmentation du nombre de diagnostics et par une réduction des délais entre le diagnostic et l’initiation d’une thérapie antirétroviral, ainsi qu’en encourageant les individus à avoir des rapports sexuels protégés. »

Source

Van Sighem A et al. Increasing sexual risk behaviour amongst Dutch MSM: mathematical model versus prospective cohort data. AIDS 26, online edition. DOI: 10/1097/QAD.0b013e3283574df9, 2012.

Cet article provient du site www.aidsmap.com et fait l’objet d’un accord de diffusion. Article original : « Increased rates of unprotected sex among undiagnosed gay men wipe out benefits of diagnosis and HIV treatment. » (lien)

Auteur :

Michael Carter
Traduction : Vincent Leclercq

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