Vienne 2010 — Le dépistage à l’IAC 2010

Le dépistage du VIH a pris une place importante lors du congrès de l’IAC 2010 à Vienne en faisant l’objet de plus 700 communications, orales ou sous forme de posters. Dans nombre de communications, que ce soit dans les stratégies de passage à l’échelle pour l’accès au traitement ou dans les modélisations sur l’impact des stratégies «Test and Treat» , l’accessibilité et le recours au dépistage sont présentés comme des variables cruciales.

Dans les pays du sud ou du nord, de nombreux auteurs nous ont fait partager des initiatives visant à faciliter l’accès au dépistage notamment par le recours à des tests rapides, fiable et peu couteux, mais dont le principal intérêt est leur possible utilisation par des professionnels de santé non médecin, des intervenants non professionnels de santé voire par les personnes concernées elles-mêmes.

En France, l’étude (ANRS 95008) conduite par A-C. Crémieux (THPE0292) dévoile les premiers résultats sur la faisabilité d’une offre de dépistage en routine aux personnes fréquentant des services d’urgence de la région parisienne. Des infirmières, formées à cette tache, ont proposé un test rapide à 8708 personnes (sur les 35000 personnes éligibles sur la période considérée). 57% des ces offres se sont conclues par l’acceptation de la réalisation d’un test. Les auteurs considèrent que les taux d’acceptabilité et de faisabilité sont proche de ceux observés aux urgences aux Etats Unis mais constatent de grandes différences en fonction des sites et de leur activité journalière.

Dépistage en pharmacie

Autre lieu possible pour une offre de dépistage de proximité, les pharmacies: Deux équipes espagnoles partagent des données sur une offre expérimentale conduite dans le Pays Basque et en Catalogne. En particulier, A.Gimenez Masat (THPE0290) rapporte les résultats auprès de 36 pharmacies qui ont proposé 1548 tests rapides réalisés dans leurs locaux en 7 mois. Les personnes testées étaient majoritairement des hommes (72%). Les pratiques à risque ayant motivé le dépistage sont essentiellement sexuelles (87%) et notamment hétérosexuelles (71%). Le taux de dépistage positif (0,97%) est supérieur à celui trouvé en population générale (0.7%)

L’offre de dépistage rapide communautaire faisait l’objet de plusieurs présentations dont notamment le bilan de trois ans d’activité du Check Point de Barcelone. F. Pujol (THPE0279) montre que cette équipe non médicale a doublé sa file active en 2009 (2216 HSH testés) avec un taux de tests positifs de 5,1%. L’étude ARNRS COMTEST présentait des résultats sous trois posters. K.Champenois (MOPDE0459) montre qu’une offre de dépistage rapide non médicalisée est bien acceptée par les HSH en France et qu’elle permet de rejoindre un groupe de population à haut risque. E. Suarez (WEPE033) et JM Le Gall (MOPE0475) explorent les conditions particulières et les conséquences d’une interaction nouvelle d’une offre de prévention et de dépistage portée par des pairs et rapportent des taux de satisfactions élevés, tant parmi les HSH rencontrés que chez les volontaires de l’association AIDES.

Autotest

Sur la question de l’autotest, certains de nos voisins semblent avoir dépassés la question du principe (Faut-il ou ne faut-il pas ? cf. Avis du CNS de décembre 2008) pour produire des preuves sur les effets attendus et mesurés. S. Kalibala (WPDC205) rapporte l’expérience d’une offre d’auto dépistage sous forme de kits remis et/ou mis à disposition à 235 personnes appartenant au personnel de deux hôpitaux au Kenya. 78% des personnes se sont saisis de cette offre et ont réalisé eux-mêmes leur test dans la semaine suivante. Une séance d’information et une ligne téléphonique de soutien complétaient le dispositif mis en place.

En Espagne, J.Alvarez de l’association « Madrid Positivo » (THPE0281) nous partage les résultats d’une étude de faisabilité d’une offre d’autotest à 303 personnes rejointes par les actions de rue habituelles menées par cette association. 91% de ces personnes ont été en capacité, sous l’œil d’un observateur, de réaliser un test valide (Determine ®) et 85%ont correctement interprétés les résultats des tests. Les auteurs ne relèvent aucune corrélation sur la réalisation de tests invalides mais notent que les erreurs d’interprétation sont plus souvent le fait de personnes ayant un niveau plus bas d’éducation ou de personnes étrangères.

On voit que la diversification des outils de dépistage, aves les différents tests rapides, et l’élargissement des acteurs du dépistage permet d’envisager de multiples et nouvelles combinaisons pour le développement des politiques de santé publique. Ce qui semble important pour certains auteurs de communication c’est de définir précisément l’objectif en termes de population ou d’aire géographique d’habitat pour développer la méthode adaptée .P.McGovern (THAC0205) nous a présenté une stratégie intensive et efficace d’une offre de dépistage dans certains quartiers de New York à haute prévalence. Des équipes de santé communautaires quadrille le terrain, « blocks par blocks », pour offrir un dépistage qui semble permettre d’atteindre un public non dépisté, d’homme et de femmes plus âgés qui ne perçoivent pas leurs risques d’exposition au VIH. A.Thornton (MOPE0464) confirme dans une méta analyse de la littérature la pertinence et le coté cout-efficace des stratégies d’outreach notamment avec l’usage des tests rapides auprès de populations à haut risques.

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