Allègement du traitement VIH : 5 spécialistes donnent leur avis sur le projet Iccarre

Que pensent 5 spécialistes réputés de l’essai Iccarre proposé par l’équipe de Jacques Leibowitch à l’hopital de Garches ? Voici les réponses de Gilles Pialoux (Hôpital Tenon, Paris), Christine Katlama (Hôpital de la Pitié Salpétrière, Paris), Alexandra Calmy (Hôpital de Genève), Yazdan Yazdanpanah (Hôpital Bichat, Paris) et Eric Billaud (Hôpital de Nantes).

Iccarre est un projet d’essai clinique dont l’objectif est d’évaluer, lorsque le VIH est déjà contrôlé depuis plusieurs mois, l’efficacité d’une prise d’ARV trois, quatre ou cinq jours par semaine au lieu de sept. Le concept est séduisant. Mais depuis plus d’un an, l’essai est au point mort. Pas de financement. Seronet (qui en a déjà parlé longuement, lire notre dossier de cet été et le dernier article) a demandé à cinq spécialistes ce qu’ils en pensaient.

Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’Hôpital Tenon (Paris)

« Je l’ai dit à Jacques Leibowitch : puisqu’une faible part du financement d’Iccarre est assurée, il faut commencer dès maintenant par une phase pilote, pour montrer la faisabilité de l’essai. Si répondre à cette question n’est à mes yeux pas prioritaire, ce n’en est pas moins important. Le pire serait de rester dans l’incertitude. Il faut, comme on le dit à AIDES, non pas adapter la vie des patients aux traitements, mais adapter le traitement à la vie des patients. Plusieurs de « mes » patients m’ont déjà dit qu’ils voulaient essayer le « 4 jours sur 7 ». Je suis, comme plusieurs collègues parisiens, Christine Katlama à la Pitié Salpétrière et Pierre-Marie Girard à Saint Antoine, prêt à être co-investigateur d’Iccarre, avec Jacques Leibowitch et son équipe, Pierre de Truchis et Christian Perronne. Plus que tout autre essai, Iccarre devra être suffisamment bien encadré pour assurer la sécurité des patients, mais aussi évaluer que cette stratégie ne pose pas de problème de sécurité particulier. Il y a des discussions concernant le niveau de CD4 autorisé à l’entrée dans l’essai. Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas priver les personnes dont les CD4 ne remontent pas malgré une charge virale indétectable depuis des années d’y participer sous conditions. Reste que l’essai devra concerner des patients dont les bilans sont stabilisés, et qu’il devra évaluer les aspects de traitements comme prévention (s’assurer que la charge virale reste indétectable dans les compartiments génitaux) et de réservoirs, d’inflammation. Autant de questions qui devront être rediscutées au cours des dernières évaluations du protocole ».

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