Prophylaxie — Déchets médicaux à risques infectieux : le stockage et l’élimination à améliorer

Une enquête (pdf, 432Ko), réalisée auprès de professionnels libéraux de santé (PLS) français et publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, montre que le stockage et l’élimination des déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) ne respectent pas toujours la réglementation et devraient être améliorés.

La Délégation territoriale de Dordogne de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Aquitaine a donc mis en place une étude par autoquestionnaire auprès de 626 PLS (kinésithérapeutes, sages-femmes, infirmiers, pédicures-podologues, chirurgiens-dentistes, médecins généralistes et spécialistes) cherchant à décrire leurs pratiques d’élimination des Dasri et à déterminer les facteurs associés aux mauvaises pratiques.

Près de 85% des PLS répondants produisent des déchets de type « piquants/coupants/tranchants » (PCT) et près de 80% des déchets de soins. 15% d’entre eux déclarent en produire plus de 5Kg par mois, dont près de 30% parmi les infirmiers. 26,2% les stockent dans un local dédié, ce chiffre s’élevant à 35,5% chez les gros producteurs.

Près des deux tiers des PLS (60,9%) font appel à une société de collecte de déchets alors que 22% les apportent directement dans un centre de regroupement. Un peu plus de 7% les éliminent via les ordures ménagères. Plus de quatre professionnels sur cinq (82,5%) produisant des PCT utilisent des collecteurs à aiguilles réglementaires mais 16,2% se servent d’emballages non-conformes, bouteilles en plastique ou en verre.

69% de mauvaises pratiques d’élimination

Une analyse multivariée portant sur un sous-échantillon représentatif de 290 PLS montre que près d’un tiers d’entre eux (31%) ont de bonnes pratiques d’élimination contre 69% en ayant de mauvaises. Le risque de mauvaises pratiques est significativement associé à la profession, au sexe féminin, à la non production de PCT et au caractère collectif de la production des Darsi.

La principale difficulté évoquée par les PLS est le coût des procédures d’élimination (42%). Vient ensuite l’identification d’une société de collecte ou d’un centre de regroupement (23,3%). Plus d’un tiers des répondants considèrent n’être pas suffisamment informés sur la réglementation des Dasri (32,7%).

«Ce constat doit amener les autorités sanitaires à instaurer des actions d’informations spécifiques, en collaboration avec les différents ordres et collaborations syndicales du département (…). Des solutions concertées et adaptées, telles que la mutualisation de filières d’élimination au sein de secteurs géographiques et en particulier en zone rurale, pourraient être envisagées», conclut l’ARS qui propose aussi des actions prioritaires vis-à-vis de certaines professions.

Le Code de la santé publique définit les déchets d’activités de soins comme « les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement curatif ou palliatif dans les domaines de la médecine humaine et vétérinaire. » Ils peuvent présenter de nombreux risques (infectieux, toxique, mécanique…) auxquels ils exposent les patients, les soignants et le personnel technique en charge de l’élimination de ces déchets. Les Dasri sont des déchets qui peuvent contenir des matières infectieuses : déchets « piquants/coupants/tranchants » (PCT) comme les aiguilles et les scalpels, déchets de soins comme les pansements ou les cotons, matériel à usage unique comme les seringues et les tubes, petits déchets anatomiques.

 

> Evaluation de la prise en charge des déchets d’activités de soins à risques infectieux par les professionnels de santé en secteur libéral: enquête auprès des professionnels libéraux de santé de Dordogne (France), février-mai 2009 (pdf, 432Ko) / C. Castor, E. Bodot, N. Astarie. – BEH : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, vol. 2011, n° 13-14, 12 avril 2011. – Pp. 172-176.

> Déchets d’activités de soins à risques, comment les éliminer ? : guide technique (pdf, 904Ko) / Ministère de la Santé et des Sports. – Décembre 2009. – 91 p.

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