Absence d’évolution du réservoir viral sanguin jusqu’à S96 d’un traitement intermittent 4 jours sur 7 (essai ANRS 170 QUATUOR)

La stratégie 4 jours sur 7 de l’essai ANRS 170 QUATUOR avait déjà fait la preuve de son efficacité virologique jusqu’à 96 semaines. Restait la question du réservoir: en relâchant la pression sur le virus trois jours par semaine, lui laisse-t-on la place de se reconstituer ou de se diversifier? Chez 112 participants suivis deux ans, l’ADN proviral n’a pas bougé, et la diversité des séquences virales non plus.

D’après Lambert S et al. Abstr. WEPEB102, actualisé.

L’essai ANRS 170 QUATUOR a démontré à S48 la non-infériorité d’une stratégie intermittente en maintenance 4 jours sur 7 par rapport à un schéma continu chez les patients présentant une charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux. (CV) contrôlée sous trithérapie majoritairement à base d’inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) ou d’inhibiteurs d’intégrase (InSTI) avec une confirmation de l’efficacité virologique jusqu’à S96. L’objectif de cette étude était d’évaluer, sur une période de deux ans, l’évolution du réservoir viral sanguin par la mesure de l’ADN proviral et par l’évolution des séquences virales en calculant les distances génétiques.

Résultats: L’ADN proviral du VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi. a été mesuré chez 112 patients à J0, S48 et à S96. L’évolution entre J0 et S48 n’était pas significativement différente entre les deux bras (p = 0,762). De plus, l’évolution entre J0 et S96 de -0,01 log10 copies/10⁶ cellules dans le groupe 4/7 jours ne présentait pas de différence significative par rapport à l’évolution entre J0 et S48 de 0,09 dans le groupe 7/7 jours (p = 0,190). L’ADN viral à l’inclusion était significativement plus élevé chez les patients présentant un échec virologique (2,1 contre 2,6 log10 copies/PCR, p = 0,043), mais il n’était pas associé à la survenue de blips (p = 0,3). Aucune différence n’a été observée dans le pourcentage de patients présentant un ADN détectable entre S48 et S96 (p = 0,506). Chez les patients évaluables (ADN détectable, amplification suffisante), aucune différence significative n’a été observée entre les 2 groupes de l’inclusion à la semaine 48, en termes de diversité des haplotypes (p = 0,943) et de diversité nucléotidique (p = 0,134). L’analyse intra-individuelle dans le groupe 4 jours/7 ne montrait aucune évolution significative entre J0, S48 et S96 pour chacun des 3 indicateurs de diversité (richesse en haplotypes, indice de diversité de Shannon (mesure de la diversité microbiologique) et diversité nucléotidique).

Ces données virologiques à 2 ans confirment l’absence d’évolution, dans la durée, du réservoir viral sous la stratégie intermittente 4/7 jours.

Évolution de l’ADN du VIH (log10 copies/10⁶ cellules) à J0, S48 et S96 dans les deux bras. D’après Lambert S et al., abstract WEPEB102, AIDS 2026, actualisé.
Variations moyennes de l’ADN du VIH entre l’inclusion, S48 et S96, dans les deux bras. D’après Lambert S et al., abstract WEPEB102, AIDS 2026, actualisé.
Évolution des séquences virales entre l’inclusion et S48: indice de diversité de Shannon et diversité nucléotidique, par groupe. D’après Lambert S et al., abstract WEPEB102, AIDS 2026, actualisé.

Cet article a été publié dans le e-journal de la lettre de l’infectiologue d’Edimark, nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.