AIDS 2026 — VOGUE: non-infériorité démontrée du DTG/3TC versus BIC/F/TAF chez des PVVIH naïves de traitement

Peut-on démarrer un traitement anti-VIH par une bithérapie, sans attendre le génotype de résistance et quels que soient la charge virale et le taux de CD4? L’essai VOGUE a randomisé 509 personnes naïves de traitement, dont 16% avec plus de 500 000 copies/mL et autant sous 200 CD4. À 48 semaines, DTG/3TC fait aussi bien que la trithérapie BIC/F/TAF, sans apparition de résistance dans l’un ou l’autre bras.

D’après Ghosn J et al., abstr. 12389, actualisé.

L’essai VOGUE est une étude multicentrique randomisée, ouverte et de non-infériorité, comparant en traitement de 1re ligne «test and treat» chez des PVVIHPVVIH Personne vivant avec le VIH la bithérapie DTG/3TC au BIC/F/TAF. Les participants ont été inclus sans restriction de charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux. ou de taux de CD4, y compris pour des PVVIH avec des CV très élevées (≥ 500 000 copies/mL) ou un déficit immunitaire marqué (CD4 < 200/mm³). Les résultats des génotypes de résistance n’étaient pas disponibles au moment de l’initiation des traitements.

Le critère de jugement principal était la proportion de participants présentant une CV VIH-1 <50 copies/mL à S48 (marge de non-infériorité de -10%).

Au total, 509 participants ont été randomisés (DTG/3TC, n = 254; BIC/F/TAF, n = 255). À l’inclusion, 47% des participants avaient une charge virale ≥ 100 000 copies/mL, 16% une charge virale ≥ 500 000 copies/mL et 16% un taux de CD4 < 200/mm³.

À 48 semaines (snapshot), 89% des patients sous DTG/3TC et 92% sous BIC/F/TAF atteignent une charge virale < 50 copies/mL, démontrant la non-infériorité de la bithérapie. Seize participants dans le groupe DTG/3TC et 8 participants dans le groupe BIC/F/TAF ont eu une charge virale > 50 copies/mL à S48. Le délai médian de suppression virologique était identique dans les 2 groupes (4,1 semaines). Les échecs virologiques confirmés (2 CV consécutives répondant aux critères de non-réponse ou de rebond virologique ≥ 200 copies/mL) étaient rares et comparables (DTG/3TC, n = 6; BIC/F/TAF, n = 7), sans apparition de résistance aux antirétroviraux dans aucun groupe. Le profil de tolérance était similaire.

Ces résultats montrent que la bithérapie DTG/3TC quotidienne constitue une alternative efficace à une trithérapie à base d’inhibiteurs d’intégrase, quel que soit le taux de CD4 ou la charge virale à l’initiation du traitement.

Cet article a été publié dans le e-journal de la lettre de l’infectiologue d’Edimark, nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.