D’après Nussenzweig M, session plénière, et Mwikali K, session satellite, 28 juillet 2026.
Il faut rappeler que le réservoir du VIH-1 provient de clones de cellules CD4 et les cellules CD4 qui renferment des provirus intacts sont extrêmement rares. D’autre part, il n’y a pas de marqueur spécifique de surface sur les cellules CD4 responsables de ce réservoir. Ce réservoir reste dynamique, composé de clones qui sont à la fois en expansion et en diminution en réponse aux antigènes. Ce réservoir diminue, notamment le réservoir de virus intact, mais il devient de plus en plus clonal avec le temps.
Les antirétroviraux n’ont aucune activité sur le réservoir viral, contrairement aux anticorps qui peuvent par leur fragment Fc activer le système immunitaire.
Plusieurs études comme l’essai Rio ont montré que les anticorps neutralisants à large spectre (bNAbs), notamment quand ils sont combinés, permettent chez certaines personnes de retarder le rebond virologique, en dehors de tout traitement antirétroviral. Les facteurs retrouvés pour expliquer ce contrôle virologique sont la préexistence d’anticorps neutralisants autologues, l’augmentation rapide de la réponse des cellules souches CD8+ au moment du rebond et la préexistence également de cette réponse. La diversité du réservoir est également impliquée dans le contrôle virologique sans corrélation avec la taille du réservoir.
Les enseignements que nous pouvons en tirer sont les suivants: les bNAbs permettent de mieux contrôler la virémie dans la durée; entre 20 et 30% des personnes traitées par des anticorps neutralisants présentent un meilleur contrôle virologique; ce meilleur contrôle virologique est associé à la présence de cellules souches T CD8+ préexistantes. Par conséquent, serait-il possible par la vaccination d’induire cette réponse avant le traitement par ces anticorps neutralisants? Ce meilleur contrôle est associé à un réservoir initial moins diversifié. Il est donc important de développer des outils pour évaluer cette diversité de manière à choisir les patients susceptibles de mieux répondre à cette stratégie. Ce meilleur contrôle est associé à la présence d’anticorps autologues préexistants. Cela pose de nouveau la question de la vaccination préalable pour induire la production de ces anticorps.

Une des limites de l’utilisation de ces anticorps neutralisants est l’évolution des séquences virales. En effet, les souches récentes du VIH-1 sont de moins en moins facilement neutralisées par ces anticorps développés à des fins thérapeutiques ou préventives.
Cette baisse de sensibilité varie selon les sous-types de VIH-1.
Ainsi, par son évolution, le VIH-1 développe une résistance progressive à ces anticorps.

Cet article a été publié dans le e-journal de la lettre de l’infectiologue d’Edimark, nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.