Les Journées nationales d’infectiologie (JNI) 2026, à Paris, ont remis la question du fardeau des infections respiratoires, déjà abordée dans vih.org, sur le devant de la scène. Cette fois dans un poster original (IMMUNO-12). Plusieurs auteurs, sous la conduite de Liem Binh Luong Nguyen (santé publique, hôpital Cochin, AP-HP), dont des représentants de patients avec l’association de patients atteints de maladies rénales Renaloo et l’équipe mobile d’infectiologie de l’hôpital Cochin, ont étudié sur la base de données du Système national des données de santé (SNDS) l’impact aigu et post-hospitalisation du Covid-19Covid-19 Une maladie à coronavirus, parfois désignée covid (d'après l'acronyme anglais de coronavirus disease) est une maladie causée par un coronavirus (CoV). L'expression peut faire référence aux maladies suivantes : le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) causé par le virus SARS-CoV, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) causé par le virus MERS-CoV, la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) causée par le virus SARS-CoV-2. du VRS et du virus de la grippe sur l’utilisation des ressources de santé et les coûts, ainsi que la mortalité à long terme après une hospitalisation due à ces trois virus.
Trois virus, 46 000 patients immunodéprimés
L’entrepôt de santé, qui couvre 98% de la population française, permet une évaluation sur des grands nombres: 36 716 patients pour le Covid-19, 2726 pour le VRS et 6915 pour la grippe, d’âge moyen respectif de 71,3, 65,7 et 63,3 ans. Les hospitalisations retenues sont celles de l’année 2022 pour le Covid-19, et de juillet 2022 à juin 2023 pour la grippe et le VRS, avec un suivi de douze mois après un Covid-19 et de six mois après une grippe ou une infection à VRS. L’immunodépression a été repérée sur les cinq années précédentes à partir des codes diagnostiques hospitaliers, des affections de longue durée, des médicaments délivrés et des actes: traitements immunosuppresseurs, déficits immunitaires primitifs, hémopathies malignes, insuffisance rénale terminale, tumeurs solides traitées, transplantation d’organe solide, greffe de cellules souches hématopoïétiques et infection par le VIHVIH Virus de l’immunodéficience humaine. En anglais : HIV (Human Immunodeficiency Virus). Isolé en 1983 à l’institut pasteur de paris; découverte récemment (2008) récompensée par le prix Nobel de médecine décerné à Luc montagnier et à Françoise Barré-Sinoussi.
Les décès à l’hôpital lors de la première hospitalisation sont de 15,2% pour le Covid-19, 8,1% pour le VRS et 8,4% pour la grippe. Sachant qu’un tiers à près de quatre patients immunodéprimés sur dix hospitalisés pour une infection virale respiratoire présentaient des comorbidités cardiovasculaires (33,5 % dans le groupe Covid-19, 38,5% dans le groupe VRS, 32,8% dans le groupe grippe), un terrain qui pèse sur la suite du parcours de soins (cf. figure 1).

Une vulnérabilité qui se prolonge après la sortie
Données assez novatrices que l’analyse des réhospitalisations et de la mortalité au cours du suivi des patients sortis vivants du séjour initial: 61,0% des patients qui ont été hospitalisés pour un Covid-19 ont été réhospitalisés, 52,6% du groupe VRS et 50,8% du groupe grippe (cf. figure 2).

Au premier rang de ces réhospitalisations, des événements cardiovasculaires (39,2 %, 30,1 % et 27,9 % respectivement), et pour environ 90 % d’entre eux une affection aiguë, dont près de la moitié des décompensations d’une affection chronique. Mais aussi, dans un certain nombre de cas, respectivement 6,1 %, 2,9 % et 3,4 %, une infection virale respiratoire prolongée. Ce qui affirme que les patients immunodéprimés présentent non seulement une vulnérabilité à court terme pour ces virus respiratoires saisonniers ou non, mais une vulnérabilité à long terme au-delà de leur hospitalisation initiale, pour le Covid-19, le VRS ou la grippe. La mortalité au cours du suivi le confirme: 23,9 % à douze mois dans le groupe Covid-19, 13,9 % et 11,6 % à six mois dans les groupes VRS et grippe.
Un coût dominé par les réhospitalisations
Ce qui pèse, aussi en terme économique, tant sur le plan des hospitalisations initiales que sur celui des réhospitalisations, les deux postes représentant des parts similaires du coût total (cf. figure 3).

Le recours aux soins de ville suit la même pente: dans les douze mois qui suivent une hospitalisation pour Covid-19, 83,6 % des patients ont consulté au moins une fois un médecin généraliste, avec 7,5 consultations en moyenne, et un quart d’entre eux sont repassés par un service d’urgences. Chez les moins de 65 ans, 29,3 % ont eu au moins un arrêt maladie, d’une durée moyenne de 143,9 jours.
Donc confirmation utile que les immunodéprimés sont une cible particulièrement vulnérable des infections à virus respiratoire, et que cela nécessite des stratégies préventives (mesures barrières, vaccinations, anticorps monoclonaux…) optimisées et adaptées à chacun de ces trois virus saisonniers.
Références
- Liem Binh Luong Nguyen, Nicolas Capit, Laureen Majed et coll., «Le fardeau long terme des patients immunodéprimés hospitalisés pour infections virales respiratoires», poster IMMUNO-12, 27es Journées nationales d’infectiologie, Paris, 18 au 20 juin 2026.
- Renaloo, association de patients atteints de maladies rénales.
- Paul Loubet, «Le fardeau des virus respiratoires chez l’adulte», vih.org, 15 avril 2025.
- Liens d’intérêts déclarés par les auteurs du poster: trois d’entre eux sont employés par AstraZeneca et quatre autres ont perçu des honoraires de consultation de ce laboratoire. Deux sont employées par Epimentis, la société qui a réalisé l’analyse.