Plus de prise de poids après switch de INNTI vers INSTI versus IP vers INSTI?

Un gain de poids plus important a été observé chez les personnes naïves ayant un traitement antirétroviral basé sur un inhibiteur d’intégrase (INSTI) par rapport à un inhibiteur de protéase (IP) ou à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI).

Dans cette étude, les auteurs ont voulu évaluer le poids au fil du temps parmi les PVVIH, avec une charge viraleCharge virale La charge virale plasmatique est le nombre de particules virales contenues dans un échantillon de sang ou autre contenant (salive, LCR, sperme..). Pour le VIH, la charge virale est utilisée comme marqueur afin de suivre la progression de la maladie et mesurer l’efficacité des traitements. Le niveau de charge virale, mais plus encore le taux de CD4, participent à la décision de traitement par les antirétroviraux.
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< 1000 copies/ml dans les 2 ans avant et après le switch, et qui ont switché à un schéma INSTI (avant l’introduction du TAF) dans la cohorte Nord Américaine NA-ACCORD. 

Au total,  877 patients ont été inclus : 83% étaient des hommes, 59% étaient blancs, âge médian de 50 ans, IMC 26 kg/m2 et le nombre médian de CD4 à 620/mm3.

343 patients ont switché d’un INNTI à un INSTI : 146 vers RAL, 81 vers DTG et 117 vers EVG. 527 patients ont switché d’un IP à un INSTI   : 285 vers RAL, 95 vers DTG et 146 vers EVG.

Cette différence est principalement due à une augmentation de la pente de poids chez les femmes, les non-blancs et les personnes âgées dans le groupe INNTI (tableau 1 j’ai fait une photo mais tu as le ppt). Parmi les médicaments INSTI, le changement de pente après le passage de l’INNTI était le plus élevé pour le DTG à +0,93 (0,39 à 1,46) kg/an vs +0,44 (-0,04 à 0,92) kg/an pour l’EVG et +0,23 (-0,13 à 0,58) kg/an pour le RAL.

Les femmes, les non-blancs et les personnes âgées ont un gain de poids annualisé plus important après le passage d’un INNTI à un INSTI, surtout le dolutégravir, tandis que ceux qui avaient abandonné un IP avaient un ralentissement du gain de poids.

Bibliographie

D’après Koethe J et al. poster 668, actualisé, CROICROI «Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections», la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes annuelles où sont présentés les dernières et plus importantes décision scientifiques dans le champs de la recherche sur le VIH.
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2020.

Cet article a été publié dans la Lettre de l’infectiologue consacrée à la CROI 2020. Nous le reproduisons avec leur aimable autorisation.