Tribune : «La Prep, ça marche»

Alors que beaucoup d’idées fausses circulent au sujet de la prophylaxie pré-exposition (Prep) en prévention du VIH, une tribune signée entre autre par Dominique Costagliola, Directrice de recherche de classe exceptionnelle à l’INSERM, et Gilles Pialoux, chef de service à l’hôpital Tenon, veut rappeler les faits: La Prep, ça marche.

Autorisée en France depuis 2016, la Prep permet à des personnes exposées face au VIH de prendre des antirétroviraux pour éviter d’être contaminés. C’est un outil de prévention hautement efficace contre le VIH au niveau individuel, «de l’ordre de 99 % lorsqu’elle est parfaitement prise», rappelle la tribune publiée le 12 mars 2019 sur le Huffington Post et signée par des chercheuses, des chercheurs, des médecins et des responsables associatifs engagés dans la lutte contre le sida.

La Prep est un véritable révolution, qui reste encore difficile à appréhender pour certaines personnes, qui préfèrent stigmatiser certaines pratiques sexuelles, notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, principal public de la Prep. Les journalistes ont aussi leur part de responsabilité dans l’entretien des doutes face à ce moyen de prévention. Ainsi, après un article véritablement à charge et rempli d’erreur, nous avions déjà publié deux tribunes à ce sujet : Faire connaître le formidable progrès de la Prep et Oui, la Prep est une révolution.

Les signataires de la tribune regrettent que «distillations de polémiques et de « fake news » particulièrement singulières» s’accumulent, alors même que «les preuves scientifiques de l’intérêt de la Prep soulignées par l’OMS, s’accumulent et que la recherche française est en première ligne dans ce domaine». Les spécialistes condament des propos, «à contrevent du consensus médical national et international, de l’expertise de l’ensemble de la communauté médicale et associative qui trouvent, hélas, un écho de plus en plus important dans les médias grand public».

La Prep n’est pas responsable de l’augmentation des cas d’IST

Le reproche le plus fréquemment fait est que la Prep, en favorisant l’abandon de l’utilisation du préservatif, serait à l’origine de l’augmentation des cas d’infection sexuellement transmissibles. Faux, rappellent les signataires. «C’est une opinion, pas une relation de cause à effet, qui vise à remettre en cause la pertinence d’un nouvel outil de prévention et qui a pour but d’instaurer un climat de questionnement et de méfiance. On se retrouve dans une situation inédite où les détracteurs de la Prep lui reprochent de ne pas faire ce pour quoi elle n’a pas été conçue. Ces mêmes accusateurs se focalisent sur ses limites théoriques sans jamais mentionner celles des autres outils de prévention.»

L’augmentation des infections à gonocoque à laquelle font notamment référence les opposants à la Prep date de 2014 et coïncide «avec le développement des techniques plus sensibles de dépistage ainsi qu’aux recommandations d’un recours plus régulier au dépistage des IST».

Comme le rappelle la tribune, la Prep «fait partie d’une offre de santé sexuelle qui l’associe à un suivi médical, à des dépistages réguliers des infections sexuellement transmissibles (IST) pour les diagnostiquer, puis les traiter au plus tôt, y compris quand elles sont asymptomatiques». La Prep permet donc, en imposant le dépistage systématique tous les trois mois, donc «dépister des cas qui ne l’auraient pas été jusqu’ici, de les diagnostiquer et de les traiter».

Aujourd’hui, la Prep est un outil incroyable face au VIH et «combattre la Prep, c’est faire le choix de la peur et de la morale, plutôt que celui de la science et de la santé publique».

Sont également signataires de cette tribune:

  • Françoise BARRÉ-SINOUSSI, prix Nobel de physiologie et de médecine 2008, présidente de Sidaction;
  • Aurélien BEAUCAMP, président de AIDES;
  • François DABIS, directeur de l’ANRS;
  • Jade GHOSN, maître de conférences des universités, praticien hospitalier;
  • Christine KATLAMA, professeure de maladies infectieuses;
  • Michel OHAYON, médecin, Centre de santé sexuelle Le 190;
  • Anne SIMON, service de médecine interne – Hôpital Pitié-Salpêtrière, présidente honoraire de la SFLS;
  • Bruno SPIRE, directeur de recherches à l’INSERM et président d’honneur de AIDES;
  • Yazdan YAZDANPANAH, chef de service des maladies infectieuses à l’Hôpital Bichat, APHP; professeur d’Université à Paris Diderot, chercheur à l’INSERM et directeur de l’institut thématique immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie à Aviesan.
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