La tolérance du ténofovir intéresse toujours les équipes médicales

Deux présentations orales ont contribué à enrichir nos connaissances dans des contextes et avec des approches très différentes.

La première, présentée par J. Galant (29), correspond à une étude randomisée et en double aveugle, sur 96 semaines, incluant 663 patients adultes recevant un traitement incluant l’association emtricitabine/ténofovir DF (F/TDF) et qui avaient une CV indétectable.. La moitié d’entre eux (n = 333) ont été ‘’switchés ‘’ vers une association ténofovir alafénamide (TAF) et emtricitabine (E/TAF), le troisième agent restant inchangé, afin d’évaluer l’impact de l’utilisation de cette nouvelle prodrogue sur la tolérance rénale et osseuse du TDF. 48 semaines plus tard, une analyse par ‘’snapshot’’ montre que l’indétectabilité était maintenue chez 93 % (F/TDF) et 94,3 % (F/TAF) des patients confirmant ainsi une non infériorité du TAF. L’apparition de résistance était excessivement rare (0 et 0,3% respectivement. En terme de tolérance rénale aucune tubulopathie n’a été enregistrée dans chacun des deux bras, le débit de filtration glomérulaire moyen s’améliorant mais de façon plus significative avec le TAF (8,4 vs 2,8 ml/mn, p < 0,001), de plus, il faut noter une absence de protéinurie dans le bras TAF mais pas dans celui avec TDF. Par ailleurs les auteurs montrent une augmentation modérée de la densité osseuse sous F/TAF alors qu’elle diminue légèrement sous F/TDF et la différence entre les deux est significative (p < 0,001) tant au niveau de la hanche que de la colonne vertébrale. Ce travail confirme une tolérance différente entre TDF et TAF.

La seconde est une étude de GK Sibérry (36) évaluant l’impact d’un traitement maternel préalable par TDF sur le système osseux du nouveau-né. Cette sous-étude de l’essai clinique IMPAACT PROMISE, a pour objectif de comparer l’effet de l’exposition à divers antiviraux (Bras 1 : zidovudine + dose unique de nevirapine + F/TDF ; Bras 2 : ZDV/lamivudine/LPVr ; Bras 3 : TDF/ FTC/LPVr) à partir de 14 semaines de gestation. Les enfants inclus dans l’étude (n = 425) ont eu une analyse de la densité minérale osseuse (DMO) totale et vertébrale par DXA scan à l’âge de 28 jours. Après ajustements aux paramètres des mères et des enfants, il n’a pas été décelé d’impact significatif de l’exposition ou pas au TDF Cependant, les deux bras sous trithérapies ont été associés avec une DMO totale significativement plus faible que celui sous ZDV. Ainsi, si la présence de TDF ne semble pas à l’origine de défauts osseux significatifs chez l’enfant, la diminution de DMO totale peut poser question sur le long terme, de même on ne sait pas si ces résultats sont extrapolables à d’autres trithérapies (avec EFV au lieu de LPV/r par exemple.

— D’après Galant J et al., abstr. 29 ; Sibérry GK et al., abstr. 36. 

— En collaboration avec le E-journal (Edimark/la lettre de l’infectiologue) avec à la rédaction : jean-Philippe Madiou, Valérie Pourcher-Martinez, Laurence Morand-Joubert et Rodolphe Garaffo.

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