Immunologie de la persistance du VIH: implications pour le développement du cure

Pour Steven Deeks, professeur de médecine à l’Université de Californie de San Francisco, les derniers résultats en recherche immunologique représentent un grand espoir pour les personnes infectées par le VIH, en permettant d’entrevoir une réduction de l’inflammation chronique et peut-être, d’alléger les traitements.

Aujourd’hui, fournir un traitement ARV complexe, coûteux et potentiellement toxique à tous les malades est l’un des défis de la réponse au VIH, et c’est pour cela que le développement à court terme de traitements ARV bien tolérés permettant aux individus d’interrompre la prise durablement sans provoquer de rebond de la virémie présente un intérêt majeur.

Ce «cure», guérison ou rémission, est nécessaire pour permettre l’éradication totale du VIH et empêcher la réplication du VIH pendant le traitement ARV ou de contrôler par l’hôte la persistance du virus en l’absence d’ARV. Les récentes interventions telles que la greffe de cellules souches hématopoïétiques et l’initiation très précoce de la thérapie antirétrovirale suggèrent que des réductions spectaculaires de la taille du réservoir peuvent être atteintes, mais que l’éradication complète est difficile, voire impossible à réaliser. Pour provoquer une rémission durable du VIH en l’absence de traitement continu, il faudrait modifier plus significativement le système immunitaire de l’hôte.

C’est là que les nouveautés de la recherche dans le champ du cancer interviennent. En effet, la persistance du cancer et celle du VIH partagent un certain nombre de similitudes. Dans chaque cas, une petite population de cellules ayant la capacité de causer des dommages s’installe dans des tissus difficiles d’accès.

L’objectif thérapeutique global, dans les deux cas, est le même : parvenir à un état de guérison en l’absence de la poursuite du traitement pendant une période définie, la « rémission ». Les stratégies thérapeutiques comprennent la réduction de la taille du réservoir du VIH, comme de la masse tumorale,le plus tôt possible (traitement précoce et «shock and kill»), puis l’utilisation de l’immunothérapie pour inverser le dysfonctionnement des lymphocytes T, que ce soit au niveau central (CTLA-4) ou dans les tissus (PD1). Et enfin, dans les deux champs, la découverte de vaccins thérapeutiques visant à stimuler le VIH ou les réponses immunitaires spécifiques au cancer occupe les chercheurs. Dans les deux cas, un environnement inflammatoire persistant peut avoir être inversé.

Il reste à espérer que les progrès dans le traitement du cancer seront appliqués dans le domaine du VIH, accélérant ainsi la découverte d’un « cure » pour le VIH. Une molécule anti-PD1 de BMS obtiendrait des résultats durables dans la suppression de l’inflammation dans 25% des cas, et ceci y compris après l’arrêt du traitement. Une autre molécule, MPDL3280A de Genetech, obtient de bons résultats en terme de réduction de la masse tumorale chez certains sous groupes de patients atteints d’un cancer de la vessie. Et les premiers essais chez le singe montrent que l’utilisation d’un anti-PDL1 en combinaison avec des ARV diminue la virémie après interruption du traitement. A suivre, donc sur le chemin pavé d’obstacles du «Cure».

(D’après la communication orale de Deeks SG)

L’ANRSLa lettre de l’Infectiologue et Vih.org s’associent pour couvrir le séminaire 2015 de l’Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».

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