De la présence virale chez les patients traités indétectables ?

En 2015, plus de 85 % des patients traités par les antirétroviraux présentent une charge virale plasmatique indétectable inférieure à 50 copies/mL. Cependant, le phénomène de virémie résiduelle, ou réplication à bas bruit, a été largement décrit depuis plusieurs années chez la grande majorité des patients avec une charge virale plasmatique indétectable.

La virémie résiduelle peut être déterminée par une technique non commerciale de PCR dilution limite appelée « Single Copy Assay » ou par la détection d’un signal en PCR par les techniques commerciales de charge virale. La définition de virémie résiduelle est très hétérogène dans la littérature, ce qui rend difficile la comparaison des différentes études. De plus, il faut différencier la virémie résiduelle et la faible virémie (« low-level » viremia), cette dernière pouvant aller, selon les études, de 50 à 500 copies/mL. Il a été montré dans plusieurs études que la proportion de patients présentant une virémie résiduelle était significativement plus élevée chez ceux traités par un IP/r que chez ceux recevant un INNTI de 1ère  génération.

Encore peu de données de ce type sont disponibles sur la classe plus récente des inhibiteurs d’intégrase et les nouveaux INNTI comme la rilpivirine. La majorité des études montre que la présence de virémie résiduelle est associée à une augmentation du risque de survenue d’échec virologique. Une virémie résiduelle est également associée à un niveau d’inflammation plus élevé. Deux hypothèses, des mécanismes non exclusifs, sont proposées quant à l’origine de cette virémie résiduelle : (i) virus issus d’une réplication à bas bruit ; (ii) virus issus du relarguage du réservoir. Les stratégies d’intensification thérapeutique évaluées n’ont pas permis de contrôler cette virémie résiduelle ce qui n’est pas en faveur de la 1ère  hypothèse. Une association entre la taille du réservoir viral et la présence de virémie résiduelle a été rapportée dans plusieurs travaux, un argument supplémentaire encourageant à traiter le plus tôt possible pour réduire la taille du réservoir cellulaire. A noter la  petite polémique sémantique lancée par le Pr Christine Rouzioux avec notamment la question de l’utilisation du terme « réplication » jugée contre-productive.

(D’après la communication orale de Charpentier C.)

L’ANRSLa lettre de l’Infectiologue et Vih.org s’associent pour couvrir le séminaire 2015 de l’Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».

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