Etude — Solidarité internationale : les Français se sentent concernés

Deux personnes sur trois considèrent que la France doit venir en aide aux pays à ressources limitées, en particulier pour lutter contre les maladies graves, révèle une étude du Crédoc. 43% de la population se disent prêts à payer plus de taxes directement affectées à cet objectif. Dans un contexte de crise économique, les Français n’oublient pas la solidarité internationale.

Les Français défendent l’idée d’une France exemplaire dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (pdf, 141 Ko) : ainsi est titrée la synthèse réalisée par le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie pour les Amis du Fonds mondial Europe. Dans un contexte particulièrement difficile, où 50% des Français ont l’impression d’une perte de pouvoir d’achat et où le chômage est redevenu la première inquiétude, la pauvreté dans le monde figure parmi les deux sujets principaux de préoccupation pour 26% des personnes interrogées, 1% de plus qu’en 2009. Elle vient en quatrième position devant la violence et l’insécurité, la dégradation de l’environnement et la drogue. Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’entre 1991 et 2010, le pourcentage de personnes citant la pauvreté dans le monde en première ou seconde réponse est passé de 16 à 26%.

Deux Français sur trois (67%) estiment que l’Etat doit venir en aide aux pays en développement (PED). Le niveau de formation et le montant des revenus influent sur les réponses mais aussi l’âge : 71% des jeunes considèrent que la France doit intervenir alors que leur niveau de vie est moins élevé que la moyenne. Cette aide doit principalement servir à lutter contre la faim (60%) puis contre les maladies graves (34%).

Le sida perçu comme la principale maladie contre laquelle il faut agir

L’infection à VIH est citée par près des trois quarts des enquêtés (71%) comme la première question de santé préoccupante dans les PED devant les problèmes de santé des mères et des enfants (38%), ces deux réponses étant fréquemment associées.

Plus de la moitié des personnes interrogées (54%) pensent que l’Etat français contribue comme les autres pays au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Seuls 8% affirment qu’il est l’un des principaux contributeurs au monde. Pour mémoire, la France est le deuxième pays contributeur derrière les Etats-Unis mais le premier en valeur relative. Avec 0,02% du PIB versé, le taux d’effort français est en effet deux fois supérieur à celui des Etats-Unis.

Si la moitié des enquêtés pense que l’Etat français fait ce qu’il doit dans ce domaine, près d’une personne sur trois (32%) considère qu’il devrait faire davantage. Une analyse plus poussée permet d’arriver à la typologie suivante :

  • 51% des Français souhaitent la France exemplaire : les personnes qui savent que la France donne beaucoup et estiment cela normal ainsi que celles qui pensent qu’elle donne comme les autres, voire moins, et qu’elle devrait faire plus, voire beaucoup plus ;
  • 36% croient qu’elle est un contributeur moyen et trouvent cela très bien ainsi ;
  • 9% regrettent la générosité de la France : ils savent qu’elle contribue davantage que d’autres pays et le déplorent ;
  • 4% rechignent à ce que la France s’engage dans cette cause.

Plus de deux personnes sur cinq sont disposées à payer plus de taxes pour le Fonds mondial

Le dernier chiffre reflète à lui seul les enseignements de l’enquête : 43% des Français se disent prêts à payer plus de taxes si elles sont directement affectées à la lutte contre les maladies graves dans les PED. Cette affirmation concerne 51% des cadres et des diplômés du supérieur mais aussi 43% des classes moyennes et 39% des personnes à bas revenus, alors même que les difficultés financières de ces catégories sociales sont particulièrement fortes aujourd’hui.

En conclusion, cette période de crise économique profonde est marquée par une prise de conscience des Français de la vulnérabilité de chacun, dans toutes les catégories de la population. La solidarité avec ces plus vulnérables, en France ou dans le monde, s’exprime de façon plus nette.

(*) Ces questions demandées par les Amis du Fonds mondial Europe ont été intégrées à la vague de juin 2010 de l’enquête annuelle du Crédoc sur les conditions de vie et les aspirations des Français. Celle-ci a été réalisée en face-à-face auprès d’un échantillon représentatif de 2011 personnes, âgées de 18 ans et plus.

> Les Français défendent l’idée d’une France exemplaire dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (pdf, 141 Ko) / Crédoc (Centre de recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie), France. – Synthèse, 15 septembre 2010, 7p.

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