Suivi — Pèse-personnes et prise en charge des patients VIH

Dans les pays en voie de développement, comment gérer le nécessaire suivi des patients sous antirétroviraux, de plus en plus nombreux? L’accès aux tests de laboratoire est limité, mais le gain ou la perte de poids peuvent être facilement utilisés, à moindre prix. C’est ce que suggère une étude publiée dans la revue AIDS, menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur en collaboration avec Médecins Sans Frontières.

Ces dernières années, le nombre de personnes infectés par le VIH ayant accès aux antirétroviraux a largement augmenté, y compris dans les pays en voie de développement. Cependant, il est estimé qu’en Afrique seulement un tiers des personnes ayant besoin de traitements sont effectivement traités. 

Le manque de médecins, auquel sont confrontés nombre de pays en développement, est un des facteurs limitant l’accès aux traitements. Dans plusieurs pays, des expériences de décentralisation des soins en déléguant une partie de la prise en charge aux infirmiers ont montré leur efficacité. Mais la décentralisation nécessite de définir des moyens simples et standardisés pour suivre les patients sous antirétroviraux. 

En collaboration avec médecins sans frontières (MSF), les auteurs ont donc évalué le gain de poids comme outil de suivi des patients infectés par le VIH sous antirétroviraux.  

Un outil utile

Les auteurs ont évalué le facteur pronostique du gain de poids mesuré 3 mois après l’initiation des antirétroviraux sur la mortalité. Cette étude, basée sur environ 2 500 patients suivis dans un programme MSF au Cambodge et environ 2 500 patients suivis dans un programme MSF au Kenya, a montrée que le gain de poids pouvait être un outil utile pour le suivi des patients malnutris à la mise sous traitement, c’est à dire avec un indice de masse corporelle (IMC) inferieur à 18.5, soit prés de la moitié des patients dans ces programmes.

Parmi ces patients, ceux qui n’avaient pas gagné moins de 10% de leur poids à 3 mois avaient un risque de mortalité 3 à 6 fois plus élevés que les patients pour lesquels un gain d’au moins 10% a été observé.

Faible coût et simplicité

L’intérêt du gain de poids comme outil de suivi tient à son faible coût et à sa simplicité, mais aussi au fait qu’il avait la même valeur pronostique au Cambodge qu’au Kenya,  chez les hommes que chez les femmes. 

Dans le contexte d’une décentralisation des soins, l’évaluation du gain de poids peut être un outil utile au suivi des patients sous antirétroviraux. Les patients n’atteignant pas un poids satisfaisant à 3 mois pourraient être référés vers une structure de soins supérieure. Une mauvaise observance ou bien une infection opportuniste non diagnostiquée pouvant être à l’origine de l’absence de prise de poids.

> L’étude est disponible dans son intégralité sur le site de la revue AIDS, en version payante.

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