Living 2008 — L’activisme n’est pas mort, vive l’activisme !

C’était un des moments les plus attendus avant la conférence proprement dite. Le Sommet des personnes vivant avec le VIH, intitulé Living 20081Living 2008 a reçu le soutien financier de nombreuses organisations, notamment en France de Sidaction et du ministère des Affaires étrangères. Retrouvez toutes les informations sur www.living2008.org, a surpris par son ampleur et par la qualité des débats et des échanges qui ont eu lieu durant deux jours.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°138.

Le 31 juillet et le 1er août 2008, près de 400 séropositifs, venus de 88 pays, se sont retrouvés autour d’un agenda stratégique que nous pourrions résumer ainsi : comment faire entendre mieux et plus fortement la parole des personnes atteintes quand tout le monde dit vouloir lutter contre le sida ? L’enjeu est de taille. Le temps des conférences où les activistes n’avaient d’autre moyen pour se faire entendre que d’interrompre les sessions semble – espérons-le – révolu. Aujour­d’hui, les personnes atteintes sont partie prenante des discussions et des décisions, à tous les stades de la préparation des conférences de l’IAS. Est-ce pour autant la fin de l’activisme ? Les délégués de Living 2008 ne semblaient pas de cet avis, et les discours enflammés des représentants des ONG sud-américaines montrent que les personnes atteintes doivent toujours faire face aux discriminations dans de nombreuses régions du monde.

Au-delà des déclarations d’usage, les participants ont pu débattre de quatre grands thèmes qui constituent en quelque sorte la feuille de route de l’activisme dans les mois qui viennent : l’accès universel aux traitements, aux soins et à la prévention ; la prévention positive (prévention pour et par les personnes vivant avec le VIH), les droits à la sexualité et à la reproduction, la criminalisation de la transmission du VIH.

Anuar Luna Cadena, coordinateur du Réseau mexicain des personnes vivant avec le VIH/sida, a été l’un des organisateurs et des animateurs les plus en vue du sommet Living 2008. Il nous livre ses impressions après deux jours de débats et de rencontres non stop.

Anuar Luna Cadena, comment en êtes-vous venus à être l’un des organisateurs de Living 2008 ?
En tant que membre communautaire de l’IAS, je me suis rendu en janvier dernier à Monaco pour préparer Living 2008, aux côtés de quarante participants, des leaders internationaux dans la riposte au VIH, des personnes vivant avec le VIH/sida, des dirigeants d’ONG, et des représentants de la société civile et du monde médical. De retour au Mexique, j’ai organisé une réunion avec 40 activistes pour aboutir à un texte présentant les points clefs de la prévention positive pour Living 2008.

Que retenez-vous de ce sommet ?
Living 2008 a permis de renouveler l’agenda activiste. Nous nous sommes mis d’accord sur les thèmes que nous allons aborder à l’avenir ainsi que sur le cadre de nos actions. Ce sommet devrait permettre de renforcer nos positions, mais c’est une première étape dans un long processus. Le point fort c’est qu’un grand nombre de séropositifs se sont mis d’accord sur des messages communs.

Discuter uniquement entre séropositifs, est-ce important ?
En tant que séropositif, j’ai ressenti de l’espoir, nous sommes dans une nouvelle ère de l’activisme des personnes atteintes. Nous sommes confrontés à de nouveaux enjeux, principalement sur les nouvelles stratégies de prévention et les nouvelles formes de stigmatisation, liées notamment à la criminalisation de la transmission. Pour la première fois, nous sommes allés plus loin dans notre réflexion sur ces sujets et sur d’autres. Nous avons été longtemps, et à juste titre, focalisés sur les problématiques liées à l’accès aux traitements. Aujourd’hui, les traitements antirétroviraux sont disponibles, même si le système n’est pas parfait. Ainsi, au Mexique, il reste des difficultés dans l’accès à des traitements contre les infections opportunistes. Mais un de nos combats est de dire au gouvernement que des ressources importantes doivent aussi être affectées à la prévention. En ce qui concerne les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, nous devons être plus innovants et discuter des microbicides ou des traitements prophylactiques préexposition.

Dans quels domaines les problèmes vous semblent-ils les plus épineux ?
Je suis inquiet car nous avons travaillé théoriquement sur la stigmatisation et les discriminations, mais nous n’avançons pas beaucoup au niveau des interventions concrètes. Ici, au Mexique, il existe des recommandations contre les problèmes de stigmatisation et de discrimination, mais aucune loi ne vient renforcer ces dispositifs très peu contraignants. C’est pourquoi la tenue du sommet Living 2008 puis de la conférence mondiale à Mexico ne peut que nous aider à faire pression sur le gouvernement pendant que tous les médias seront attentifs à nos actions.

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