Réaction — «La pression est très forte sur le nouveau président américain»

Eric Fleutelot est le directeur adjoint International de Sidaction, une des associations qui a relayé la conférence de presse du Fonds mondial. Il a accepté de nous livrer son point de vue sur l’appel du jeudi 29 janvier. 

Quels sont vos commentaires sur les déclarations du président du Fonds mondial lors de cette conférence de presse ?

C’est à la fois positif que le président du Fonds mondial lance cette alerte pour signifier que le danger de ne pouvoir fournir tous les traitements, tous les soins indispensables, est proche. En effet, 2010, c’est vraiment demain en terme de financement. Mais dans le même temps, c’est vraiment triste et décevant, car les pays donateurs sont au Conseil d’Administration du Fonds mondial, et ils auraient déjà du répondre, ils auraient déjà du anticiper ce gap de financement. C’est enfin décevant parce que pour une fois qu’on a un programme de soutien multilatéral qui a fait ses preuves et qui démontre sa pertinence, c’est un problème financier qui ralentit tout. Surtout, il faut remarquer que c’est assez unique de voir que les demandes des pays les plus pauvres sont supérieures, dans un cadre pourtant très strict, assez complexe, à ce que les pays riches peuvent mettre sur la table. Jusqu’à présent, les pays riches disaient, « on ne met pas plus, car la capacité d’absorption n’est pas là ! » une fois de plus, ils avaient tout faux !

La demande s’adresse prioritairement aux États-Unis, mais qu’en est-il de la contribution de la France ?

La France contribue de façon tout à fait honorable au budget du Fonds mondial. Ceci étant dit, en tant que contributeur vertueux, elle doit continuer à montrer l’exemple et je pense qu’elle pourrait prendre en charge, compte tenu de son poids économique, 4% du montant nécessaire, soit 200 millions de dollars, soit environ 150 millions d’euros au cours actuel.

On a vu que le budget du PEPFAR a été substantiellement augmenté, est-ce que cela pourrait dissuader l’Administration américaine d’augmenter sa contribution au Fonds ?

Au contraire, je pense que les USA doivent intervenir dans la lutte contre le sida en préservant la coordination entre le multilatéralisme prôné par M. Barrack Obama et le traditionnel engagement bilatéral du gouvernement américain. Ce qui, en l’espèce, signifie que les USA doivent augmenter leur participation au Fonds mondial, et je pense que cela sera le cas. Car tout de même, les sommes en jeu sont ridicules à l’échelle des divers plans de relance de l’économie de la première puissance économique mondiale. En tout cas, la pression est très forte cette semaine sur le nouveau président américain.

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