La présentation orale de l’abstract 49, assurée par Héloïse Delagreverie (Hôpital St-Louis), avec comme 1er auteur le Délphine Rahib (Sté Publique France), est particulièrement intéressante. C’est d’ailleurs la seule communication orale française sélectionnée sur abstract (voir interview) . Il s’agit de l’étude « MémoDépistages », avec le soutien de l’ANRS, une nouvelle stratégie élargie de dépistage des IST par auto-prélèvements  envoyés à domicile par la poste dans 4 régions françaises et les résultats de Paris sont présentés ce matin, soit 61 % des participants de l’étude.

L’objectif principal était d’évaluer prévalence et incidence des principales IST dont le VIH . L’autre objectif était d’évaluer l’acceptabilité et la faisabilité de cette méthode (déjà utilisée dans le passé pour Ct, études ChlamyWeb). Les critères d’inclusion étaient des HSH à haut risque, de plus de 18 ans et ne faisant pas partie d’un programme PrEP . Ils ont été recrutés essentiellement via les « applications gay ». Les personnes ayant accepté l’étude recevaient à domicile un kit complet (avec notices explicatives) pour les dépistages sanguins (VIH, VHC, Ag HBs, syphilis) et pour l’écouvillonnage multi-site pour Ct et Ng. Un bilan complet était réalisé à M0 et M6 et un dépistage VIH tous les 3 mois. Plus de 1 000 kits complets et analysables ont été reçus. Les principaux résultats sont présentés dans les Tableaux 1 et 2. Nous pouvons retenir essentiellement 7 découvertes d’infections VIH, dont une primo-infection . Ng est le principal agent d’IST bactérienne dépisté (11,7 %), essentiellement au niveau pharyngé ; Ct arrive en 2ème place (9,6 %), principalement au niveau anal. Au total, près de 1 participant sur 5 était positif pour l’une de ces 2 bactéries. Finalement, d’après les auteurs, l’acceptabilité et la faisabilité étaient très bonnes. Une méthode de dépistage à domicile à suivre. 

D’après Rahib D et al., communication orale 49. Cet article a été rédigé pour la Lettre de l'Infectiologie à l'occasion de la CROI 2019. Nous le reproduisons ici avec l'autorisation de l'auteur.