Efficacité de la prévention de la transmission mère-enfant dans la réduction de l’incidence du VIH au Kenya
Oyawa Ibrahim Matete, KEMRI-CIPDCR, Kenya

L’objectif d’éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant à l’horizon 2020 reste un peu éloigné dans certains pays.

Une étude rétrospective transversale réalisée de 2014 à 2016 s’est intéressé au dépistage chez les enfants < 18 mois et à l’incidence de l’infection par le VIH Les résultats montrent qu’au cours des 3 années de l’enquête, une diminution progressive de l’incidence de l’infection par le VIH est constatée, associée à une augmentation progressive du nombre d’enfants dépistés. Le nombre d’enfants testés passent de 8 000 en 2015 à 14 000 en 2016, L’incidence qui était de 6.9% en 2014 diminue à 3.3% en 2016. Le taux d’enfants VIH+ diagnostiqués ensuite suivis et traités passe de 54 à 83%. On peut donc considérer qu’il existe une amélioration nette mais récente, et que l’objectif de l’élimination de la TME au Kenya nécessitera encore quelques efforts…

Evaluation du Passage du Lopinavir/r dans le lait maternel et prédiction des quantités ingérées par le nourrisson allaité: étude chez la Femme au Mali
Oumar Aboubacar Alassane, Bamako, Mali

Le risque de transmission mère-enfant du VIH est élevé en dehors de la prise d’un traitement antiviral, et celui-ci est donc « obligatoire », que ce soit au moment de la grossesse ou au moment de l’allaitement (principe de l’allaitement protégé).

En parallèle, il existe peu de données sur l’exposition des enfants aux antirétroviraux via l’allaitement.

Neuf femmes infectées par le VIH-1 recevant un traitement à base de lopinavir/r-AZT-3TC qui est le traitement de 2nde ligne de référence. Sept femmes avaient une CV indétectable ont été inclues, et les enfants ont été suivis à M1, M3 et M6. Tous les enfants ont reçu 6 semaines de névirapine après la naissance. Si on mesure bien des taux thérapeutiques chez les mères, le lopinavir est indétectable chez l’enfant dans tous les cas. Quand on mesure la concentration dans le lait maternel, les taux sont de 0,23% par rapport à la dose thérapeutique recommandée, ce qui confirme le très faible passage dans le lait maternel, ce qui va bien avec l’absence d’effets secondaires digestifs répertoriés. (NDR : Par contre le nombre d’anémie devrait inciter à doser l’AZT !!). Une autre étude avec le dosage de l’efavirenz pour des patients en 1ère ligne a également été réalisée, les résultats sont en cours d’analyse.

Elimination de la transmission mère-enfant dans l’ouest du Nigeria : où en sommes-nous ?
Agboola Ganiyu Babatunde, Equitable Health Access Initiative, Nigeria

Cuba a été le 1er pays à éliminer la transmission mère-enfant du VIH, probablement bientôt rejoint par la Thaïlande, l’Arménie, la Biélorussie… Le Nigeria a-t-il des chances de rejoindre ce club dans les années à venir ? C’est mal parti, du fait qu’un tiers des transmissions mère-enfant du VIH dans le monde en 2016 ont eu lieu au Nigeria, compte tenu du très faible accès au dépistage et au traitement.

Cette étude a porté sur 200 enfants (NDR : ce très petit chiffre, dans un pays qui compte 3,5 millions de séropositifs, a été vivement critiqué pendant la discussion). La moyenne d’âge était de 13,8 ;. 44% des femmes étaient sous traitement avant la grossesse, 54% ont été mises sous traitement pour la grossesse  et 2% n’ont pris aucun traitement. Les femmes traitées étaient toute en première ligne avec INNTI ; L’allaitement maternel exclusif est de 97%. Tous les enfants sont vivant à la fin de l’étude et 3 sont infectés (1.5%). (NDR : on en conclu que dans cette toute petite étude pilote à l'échelle d'un pays massivement concerné par le VIH, une PTME de qualité est faisable... il ne reste plus qu'a dépister les femmes enceintes et les inclure dans les programmes de traitement précoce !)

Garantir le succès de la PTME chez les femmes enceintes par l'implication de leurs conjoints : exemple des visites des ménages initiées par les Sages Femmes du Centre SAS
Koffi Hyacinthe, Centre Solidarite Action Sociale, Bouaké, Côte d'Ivoire

La stratégie du centre SAS est l’approche familiale, en partant d’un sujet index pour une prise en charge globale de toute la famille. Les deux sages-femmes du CSAS visitent les femmes enceintes qui n’ont pas dévoilé leur statut afin de sensibiliser les maris. Elles abordent de façon plus large les questions habituellement discutées au CSAS en consultations prénatales (CPN), de planification familiale, encouragent le conjoint à participer aux activités du centre. Le fait qu’il s’agisse des sages-femmes facilite la rencontre avec le conjoint car on est centré sur la maternité, ce qui « rassure » les maris au 1er abord, et permettra d’aborder des questions concernant bien plus l’homme, en confiance, dans un second temps, et d'essayer de l'amener au dépistage. En 2016, 78 conjoints ont pu être sensibilisés, et 25 ont accompagné leur femme au CSAS (contre 8 deux ans plus tôt), 35 ont participé aux frais de santé de leur épouse, 20 ont participé aux groupes de paroles (NDR : on ne sait pas combien d’homme se sont in fine fait dépisers ? Par ailleurs le titre de la présentation est un peu trompeur car elle s’est essentiellement intéressé au devenir des hommes, sans s’intéresser aux issues de PTME).

Prise en charge psychologique des travailleuses du sexe suivies en PTME dans le cadre de la dispensation communautaire des ARV au sein du district de santé de Nkoldongo (Yaoundé) : expérience de d’EVICAM
Mboudjieka Mboupda Bebelyne Michele, Evicam, Yaoundé, Cameroon

Vingt-sept travailleuses du sexe féminines (TSF) ayant un désir de procréation ont participé à un programme de sensibilisation. 15 femmes ont participé à tous les groupes de paroles, dont 14 étaient considérées comme très observantes. De la même façon le partage du statut sérologique est associé à une très bonne observance . Les femmes qui ne participent pas ou rarement aux groupes de parole ont des taux d’observance beaucoup moins élevés. (NDR : La participation active au groupe semble donc associée à la bonne observance, mais il est difficile de savoir dans quel sens se fait le lien de causalité… )

Ces chronique de l'ICASA 2017 ont été réalisées et publiées en intégralité par Cédric Avrieux sur le site du COREVIH-Bretagne. Nous les republions ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.