Même si la mortalité et l’incidence du VIH pédiatriques baissent de façon continue, on assiste depuis quelques années à un plateau chez les adolescents. Les efforts réalisés en matière de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) permettent de dire que l’on a évité plus de 2 millions d’infections pédiatriques depuis le début de l’épidémie. L’Afrique Centrale et de l’Ouest est particulièrement en retard en termes d’accès pédiatriques,  à tous les points de la cascade : dépistage, lien au soins, mise sous traitement et succès thérapeutique. La couverture PTME varie de 12 à 95% d’un pays à l’autre et le dépistage des enfants qui ont « échappé » à la PTME reste très tardif. Le dépistage des plus grands enfants et des ados est problématique, notamment avec la question du consentement et de difficultés d’ordre légales.

Comment améliorer la cascade de l’enfant : il faut améliorer la PTME, améliorer la PCR néonatale (l’essai CHER a été le premier à montrer qu’un traitement ARV débuté avant la 12ème semaine réduisait la mortalité de 75%), augmenter les niveaux de diagnostic de l’infection chez les enfants.  Il faut arriver à diminuer le nombre de perdus de vue et améliorer observance et rétention : chez les adolescents, le défi de l’observance est majeur ; le statut VIH est souvent pas ou mal dévoilé, il en résulte entre autre une forme d’auto-stigmatisation ; le faible accompagnement familial, la problématique du passage des services pédiatriques vers les services adultes est également soulevée (NDR : il serait peut-être temps de sortir de cette rhétorique de la difficulté spécifique d’un passage du service pédiatrique au service adulte pour les ados, alors que n’importe qui ayant été suivi 15 ans dans la même équipe et qui s’y retrouve a du mal à en changer, qu’il soit enfant ou adulte ! Il suffisait de voir les larmes couler dans le couloir du service de consultations quand mon chef annonçait à ses patients son départ à la retraite, et la moyenne d’âge était largement supérieure à 50 ans, on ne peut pas dire que c’était des grands ados…  ! On ne compte pas les patients qui continue à venir nous voir après avoir déménagé à l’autre bout de la France, et pour ceux qui ont fait la démarche de changer d’équipe et que l’on reçoit, on sent des années après que c’est encore douloureux…). Il faut arriver à construire pour ces enfants des itinéraires et un continuum de service qui leur permettent de passer toutes les étapes difficiles (cf. schéma)... sans trop de difficultes.

Les connaissances sur le VIH et l’utilisation du préservatif lors des derniers rapports sexuels sont de bons indicateurs du niveau d’information des ados, et dans une étude récente menée en RDC, on constate une faible utilisation du préservatif au dernier rapport, des partenaires sexuels multiples et un nombre important de grossesses non désirées.

Dans une étude menée par l’UNICEF, sur la période 2008-2015, en rétrospectif 68% des enfants arrivent aux soins en stades avancés OMS III-IV. Dans un volet prospectif de la même étude, avec un dépistage actif de l’entourage des cas index, l’accès aux soins en stade III-IV diminue à 43%.

La dépression post-divulgation du statut sérologique est un phénomène sous-évalué, dont on connaît en partie les facteurs de risque : âge avancé à la connaissance du diagnostic, décès des parents, sexe féminin… Paradoxalement, alors que cette divulgation est un moment clé de la vie de l’enfant/adolescent, très peu d’outils d’aides standardisés existent, notamment pour les soignants francophones. L’approche impliquant les pairs-adolescents semble avoir un effet anxiolytique et un effet positif sur l’intégration dans les soins (NDR : l’orateur annonce 100% de rétention à 2 ans chez les ados pris en charge avec des pairs-éducateurs mais sans donner les chiffres sous-jacents, on veut bien croire au miracle mais on aimerait avoir un peu plus de détails…).

Ces chronique de l'ICASA 2017 ont été réalisées et publiées en intégralité par Cédric Avrieux sur le site du COREVIH-Bretagne. Nous les republions ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.