L’essai THAI RV144 avait montré une efficacité partielle, de 61% à 1 an mais seulement 31% à 42 mois. Les résultats de l’étude ont amené pas mal de controverses mais ont aussi permis un large débat sur la vaccination, avec le lancement en 2016 de l’essai HVTN 702 en Afrique australe, dont le recrutement devrait être terminé début 2018. Chez le singe, un vaccin adenovirus/Protéine s’est montré récemment très prometteur, débouchant sur un essai chez les femmes  (HVTN 705) de phase 1-2 en Afrique australe. Il faudra néanmoins attendre encore quelques années pour avoir des avancées réellement probantes (NDR : et surtout, on ne le souligne jamais assez, ne pas se retrouver avec un vaccin hyper efficace comme celui de l’hépatite B et avoir encore quelques millions de morts chaque année par insuffisance des stratégies vaccinales).

L’autre question est de savoir si des cocktails d’anticorps neutralisants à larges spectres sont aptes à être protecteurs. Les essais AMP (Antibody Mediated Prevention) sont en cours.

Dans le domaine thérapeutique, le concept de guérison passe par une élimination complète du virus de l’organisme, ce qui semble avoir été accompli avec « le patient de Berlin ». Mais en dehors de ce cas exceptionnel, les données actuelles ne plaident pas pour nos capacités à réaliser cette élimination pure et simple à plus grande échelle… il faut donc aller aussi vers des. Stratégies « alternatives » de rémission ou de «contrôle immunitaire» de l’infection.

La rémission paraît effectivement plus accessible avec nos outils contemporains… C’est ce qu’il se passe avec les patients Elite-controlers comme dans la cohorte ANRS Visconti (où les succès sont un peu plus nombreux que « l’unique » patient de Berlin). Le souci est que le virus est intégré dans une population cellulaire difficile à quantifier. Dans ce domaine, cinq approches peuvent être considérés comme complémentaires :

  • La thérapie génique et cellulaire
  • Les stratégie Shock and Kill
  • Les strétégies Block and Lock
  • Le traitement ARV précoce
  • L’immunothérapie

Le traitement précoce peut être une solution pour limiter la taille du réservoir et obtenir parfois un contrôle immunitaire, mais ne permet pas la guérison, à l’exemple des patients de la cohorte VISCONTI. L’échec d’un traitement ultra précoce pour contrôler la réponse immune (patient traité au « J0 » de la première charge virale détectable, de quelques copies/mL) récemment rapporté 1 laisse à penser que cette seule option ne sera efficace que dans un nombre très limité de cas.

L’immunothérapie est finalement peut être l’option qui est le plus à notre portée (essai TRL7, approches communes avec le cancer).

Mais ces approches sont assez « virus-spécifiques » et ont beaucoup été développées sur les virus de type B, minoritaires dans les pays de plus haute prévalence ... il va être nécessaire de revoir un certain nombre de choses si on veut pouvoir les appliquer à l’Afrique…

Comme cela ne se retrouve que dans les congrès africains sur le VIH , le plus jeune roi du monde, Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, 25 ans, roi du Toro, un des 5 royaumes d’Ouganda, a pu brievement s’exprimer à la tribune en cloture de cette session sur son engagement dans la lutte contre le VIH et l’éducation des jeunes. 

Ces chronique de l'ICASA 2017 ont été réalisées et publiées en intégralité par Cédric Avrieux sur le site du COREVIH-Bretagne. Nous les republions ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.

  • 1. Henrich et al. Plos Medecine 2017