Ainsi, en 2007, 4 personnes par jour apprenaient leur séropositivité à Washington. En 2016, ce taux est tombé à moins d’un résident par jour. Pour la maire Muriel E. Bowser et les responsables santé municipaux, cette baisse du nombre des nouveaux cas, de 1333 en 2007 à 347 en 2016, soit 74% de moins, peut être mise au crédit de la prévention diversifiée que la ville a mplémentée au niveau local: programme d'échange de seringues, préservatifs (plus de 6 millions de préservatifs masculins et féminins distribués en 2016), promotion de la Prep et mise sous traitement précocement pour bénéficier des effets du Tasp .

Les chiffres du VIH restent très élevés dans la ville américaine. Presque 2% de la population vit avec le VIH, soit 13 000 personnes. Les deux populations les plus exposés à Washington sont les hommes noirs qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, et les femmes. La ville a d’ailleurs initié la première campagne américaine de promotion de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) à destination des femmes noires. 

Les usagers de drogues encore surexposés

Le programme d'échange de seringues a permis de réduire le nombre de découverte de séropositivité au VIH liés à l’usage de drogue par injection de 149 en 2007 à seulement sept en 2016. Cette politique ne devrait pas être remise en question par la nouvelle version de l’Affordable Care Act, la loi sur l’Assurance santé aux Etats-Unis. Rappelons que de 1998 à 2007, le Congrès a interdit à la ville d’utiliser des fonds publics pour financer des programmes d’échanges de seringues.

Les usagers de drogues restaient proportionnellement surexposés face aux VIH: de 2009 à 2013, l’usage de drogue injectable était la cause de 5% des découvertes de séropositivité chez les hommes (sur 2198 cas), et de 23% (des 391 cas) chez les femmes. En gros, parmi tous ces nouveaux cas de séropositivité durant ces années, environ un sur six rapportait des antécédents d’usage de drogue injectable.1

Selon le département de santé de la ville, les HSH qui utilisent des drogues injectables présentent un risque particulièrement élevé d'infection par le VIH. Entre 2009 et 2013, cette sous-population représentait 11% de tous les nouveaux cas de VIH chez les HSH à Washington. On estime qu’un HSH usager de drogue injectable sur 4 vit avec le VIH. Notons toutefois que, malgré les risques potentiel que représente le partage de matériel d’injection, plusieurs études suggèrent que de nombreuses infections dans cette population sont du à des rapports sexuels non protégés.2

La mairie compte désormais relayer la campagne U=U, pour Undetectable = Untransmittable, «indétectable = intransmissible», pour promouvoir l’efficacité de la prévention par un traitement antirétroviral (Tasp). La municipalité souhaite que Washington atteigne les objectifs 90/90/90 de l’Onusida en 2020, soit que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% des séropositifs reçoivent un traitement et que 90% des personnes traitées voient leur charge virale contrôlée par les antirétroviraux. Le but est de réduire le nombre de nouveaux diagnostics à 185 ou moins d'ici 2020, soit une baisse de 50 pour cent du nombre de nouveaux cas depuis 2015.