Pour lancer ce raid, la police s’est appuyée sur des informations fournies par des voisins de l’hôtel ciblé. Selon les activistes et les médias locaux, la police a confisqué des préservatifs, les téléphones mobiles des participants et des vidéos pornographiques. Huit de ces hommes ont été arrêté sous le prétexte d’avoir violé la loi anti-pornographie du pays. Deux d'entre eux risquent jusqu’à 15 ans de prison pour avoir organiser l'événement et « fourni » le matériel pornographique.

Le 1er mai, la police a communiqué auprès des médias locaux les résultats des tests d'infection sexuellement transmissibles des prévenus, y compris ceux des tests rapides pour le VIH . Cinq hommes ont été découverts séropositifs. Rappelons que, selon l'Organisation mondiale de la santé pour 2015, «un test obligatoire obligatoire ou coercitif du VIH n'est jamais approprié» et est contraire à l’éthique et aux droits de la personne humaine.

Ces arrestations s’inscrivent dans une campagne anti-minorités sexuelles sans précédent depuis 2016, qui a conduit au harcèlement et à des actes de violence contre les membres de la communauté LGBT locale. Parallèlement, le gouvernement a mis en place, à travers la Commission nationale de la radiodiffusion et la Commission nationale pour la protection de l'enfance, la censure de l'information et des émissions présentant des personnes LGBT comme «normales», ainsi que la soi-disant «propagande» sur les modes de vie LGBT. Ceci, d’ailleurs, malgré le soucis affiché du président Joko Widodo, « Jokowi », pour les droits humains fondamentaux de la communauté LGBT de l'Indonésie.