Il a rappelé l’historique local depuis 1981 : comme dans beaucoup de ville d’Europe et d’Amérique du Nord, un pic dans les nouveaux cas de SIDA et dans les décès par SIDA en 1995, puis leur réduction de plus de 90% ; une lente diminution des nouveaux diagnostics d’infection par le VIH ; en conséquence, une augmentation du nombre de personnes vivants avec le VIH (PVVIH), qui atteint 120 000 en 2015. En parallèle, le nombre de transmission de la mère à l’enfant atteint un pic en 1991 puis a diminué jusqu’au chiffre de … zéro en 2015 !

Sur cette lancée, le projet EtE, End the Epidemic, a été lancé à NY en 2014. Son but ? Passer sous la barre des 750 nouveaux cas par an en 2020 (contre 5000 en 2000, 4000 en 2010, et 2500 en 2015). Il s’organise autour de 3 piliers: 

  • tester l’ensemble de la population ; 
  • amener les PVVIH au soin, faire qu’elles et ils restent dans le système de soin, et que leur charge virale soit indétectable (la « cascade ») ; 
  • et positionner la PrEP comme une offre de santé publique. 

Pêle-mêle, le Dr Daskalakis a évoqué les conditions du succès : transformer les cliniques d’IST en centre de santé sexuelle, où sont abordés le dépistage des IST , leur traitement, le counselling, la PrEP, la vaccination, et la contraception; augmenter leurs heures d’ouverture ; faire aussi de ces cliniques des centres de prise en charge des PVVIH, pour favoriser la continuité des soins en cas de dépistage positif ; communiquer largement sur ces ressources (en particulier à l’occasion, cette année de … la St Valentin) ; mettre à la disposition des publics des « Play sure kit » pour emmener partout préservatif, lubrifiant, et selon les cas sa trithérapie ou sa PrEP ; et plus généralement, offrir un service de santé sexuelle à tou-te-s, PVVIH et séronégatifs, l’adhésion au traitement curatif des premier-e-s étant aussi important que l’adhésion à la PrEP des second-e-s. 

Alors que des propositions pour Paris sans SIDA (atteinte de la cascade 90-90-90 en 2020 ; fin de la transmission en 2020) ont été formulées l’an dernier, de telles réussites rappellent qu’une réponse coordonnée et inclusive, impliquant tant les pouvoirs publics que les communautés, est la clef du contrôle de l’épidémie.