Les patients inclus dans la cohorte EuroSIDA ont été suivis de façon prospective de l’inclusion (Janvier 2004) jusqu'à la dernière visite ou décès pour évaluer les fractures et les ostéonécroses. Un modèle de régression de Poisson a été utilisé pour identifier les facteurs cliniques, biologiques et démographiques associés. Les expositions actuelles et cumulées de chaque ARV ont été ajoutés au modèle multivarié.

Au cours de 86 118 personnes-années de suivi parmi les 11820 personnes éligibles (médiane 41 ans, 75% d'hommes, 86% caucasiens, médian de CD4 à l’inclusion de 440/mm3 et 70,4% avec CV indétectable), 619 fractures ont été rapportées (incidence/1000 personnes-années de suivi 7,2; IC à 95% 6.6 à 7.7) et 89 nouveaux cas d'ostéonécrose (1,0; 0,8-1,3). Après ajustement, un risque plus élevé de fractures est associé à un âge avancé, à la race blanche, à un IMC bas, à l’utilisation de drogues intraveineuses, à un taux de CD4 bas à l’inclusion, à une coinfection VHC, à un antécédent d’ostéonécrose ou de fracture, à un cancer récent non classant sida et à des maladies cardiovasculaires récentes (12 derniers mois).

Figure 1 : Fractures et ostéonécroses

L’effet du TDF sur l'incidence de fracture est détaillé dans la figure. Aucun autre ARV n’est associé à un risque majoré de fractures.

Figure 2 : Incidence brute de nouvelles fractures et utilisation du TDF

Le risque d'ostéonécrose est associé à la race blanche, à un nadir de nadir CD4 bas, un antécédent d’ostéonécrose, de fracture et d’événement classant sida. Les personnes ayant déjà utilisé la didanosine, l'indinavir, le saquinavir, lopinavir/r, ou le TDF ont un risque plus élevé d'ostéonécrose, mais cette association n'est plus observée dans les modèles ajustés pour les facteurs confondants comme détaillé dans la figure 2.

La figure 3 représente le risque de fractures et d’osténécrose selon le taux de CD4.

Figure 3 : Incidence de fractures et ostéonécrose selon les taux actuels de CD4

Au cours de l'infection VIH, les facteurs liés à l'hôte, les variables spécifiques du VIH et les comorbidités contribuent au risque de fractures et ostéonécrose. Le TDF, mais pas d'autres ARV, est un facteur de risque indépendant de fractures mais pas d'ostéonécrose.

— D'après Borges H et al., abstr. 46.

— En collaboration avec le E-journal (Edimark/la lettre de l’infectiologue) avec à la rédaction : jean-Philippe Madiou, Valérie Pourcher-Martinez, Laurence Morand-Joubert et Rodolphe Garaffo.