Nombre de cas de syphilis récente et de gonococcies selon l’orientation sexuelle, France (Source : Réseau RésIST, InVS)

Syphilis récentes

L’augmentation du nombre de syphilis récentes s’est poursuivit en 2014, elle est très marqué pour les HSH dans toutes les régions. Elles concernent à 95% d’hommes, et ceux-ci sont majoritairement homo ou bisexuels, puisqu’ils représentent plus de 80% des syphilis prises en charge en 2014 dans les structures spécialisées. Quarante pour cent des syphilis récentes concernent des personnes vivant avec VIH.

Notons que la population HSH est peut-être sur-représentée dans ces chiffres, qui proviennent majoritairement des Cidist/CDAG, il faudra attendre les données de l’assurance maladie pour en savoir plus.

Gonococcies et Infections à chlamydia

L’estimation de taux d’incidences via les données de laboratoire sur l’ensemble du territoires est de 15 0000 cas de gonococcies par an (soit 40 pour 100 000 habitant). L’Île-de-France et les DOM sont largement en tête. Ces chiffres serait en faible augmentation pour la population générale, mais particulièrement parmi les HSH, dans toutes les régions, qui représentent plus de 60% des infections à gonocoque prises en charge en 2014 dans les structures spécialisées. Les personnes de 20 à 29 ans sont les plus touchées. Seule bonne nouvelle, on constante un diminution des résistances au traitement de première ligne (ceftriaxone).

L’incidence estimée des chlamydioses est de 260 cas pour 100 000 habitants en France, mais de 522 pour 100 000 pour les DOM, le double du taux national. Soixante pour cent des cas concernent des femmes. Les déclarations provenant des sites à déclarations constantes depuis 2012 semble en revanche indiquer une stabilisation du nombre de cas en 2014 chez les hommes et les femmes.

Les séropositifs très exposés

Comme les syphilis récentes et les infections à gonocoques, les autres infections sexuellement transmissibles ( IST ) continuent donc à augmenter chez les HSH. Ainsi les lymphogranulomatoses vénériennes rectales (LGV, infection à Chlamydiae d’un génotype particulier) concernent à 98% des HSH et à 80% des personnes co-infectées VIH.

Parmi les HSH diagnostiqués pour une syphilis ou une gonococcie en 2014, respectivement 40% et 14% d’entre eux étaient co-infectés par le VIH. Ces chiffres peuvent s’expliquer par la non protection des rapports anaux par le préservatif chez les HSH séropositifs (dans l’enquête EPGL 2011, près de 80% des HSH VIH+ avaient eu au moins un rapport anal non protégé avec un partenaire occasionnel dans les 12 derniers mois)(Source : Comportements sexuels entre hommes à l’ère de la prévention combinée – Résultats de l’enquête presse gays et lesbiennes 2011 ; BEH 39-40;2013). Par ailleurs, pour ces patients, seul 1% des fellations étaient protégées.

L’enquête Prévagay 2015, en cours auprès des HSH fréquentant les lieux de convivialité gay dans cinq villes française (Nice, Montpellier, Lyon, Lille et Paris), permettra notamment d’apporter des éléments sur leur appropriation de ces méthodes de prévention.