Risque de transmission sexuelle du VIH  selon les stades de l’infection

Dans plus de 90 % des cas, un traitement antirétroviral efficace sur la réplication virale dans le plasma sanguin permet également le contrôle de la réplication virale dans le compartiment génital. Bien évidemment, cette stratégie ne peut être envisagée comme outil de prévention que si les personnes infectées par le VIH sont d’abord dépistées et traitée de façon précoce.

Une méta-analyse ayant inclus les résultats cumulés de 7 études sur un total de 713 hommes ayant tous une CV plasmatique indétectable et n’ayant pas d’IST montre qu’en médiane, 8 % d’entre-eux ont de l’ARN-VIH détectable dans le sperme. Des niveaux élevés d’ARN-VIH (> 1 000 copies/ml) peuvent être retrouvés chez ces hommes et des cas de transmission sexuelle ont été décrits alors que la charge virale plasmatique était parfaitement contrôlée (Houzet L et al. J Infect Dis 2014 ; 210(Suppl3) :S622-30). L’étude EVARIST (Ghosn J et al. Clin Infect Dis 2014 ;58(12) :1763-70) a inclus 157 HSH : 2 échantillons couplés sang-sperme (J0-J28) et mesure de l’ARN-VIH dans le liquide séminal (5 hommes à J0, 14 hommes à J28 et 2 hommes à J0 et J28). La prévalence de discordance était de 7,6 % et la médiane de l’ARN-VIH dans le liquide séminal à 145 copies/ml (50-1 450).

Après ajustement en mode multivarié, deux facteurs sont significativement associés à la présence de virus dans le sperme : la consommation de cannabis au moment des rapports sexuels (OR = 2,8 ; IC 95 % = 1,2-6,7 ; p= 0,02) et les hommes ayant un niveau d’ADN-VIH supérieur à 313 copies/106 PBMC qui sont près de 3 fois plus à risque d’avoir du virus détectable dans le sperme en comparaison à ceux chez qui le niveau était inférieur (OR=2,6 ; IC 95 % = 1,2-6,0 ; p=0,02). Une question demeure posée: quel est le seuil d’ARN-VIH dans le liquide séminal à partir duquel il existe un risque de transmission sexuelle?

(D’après la communication orale de Ghosn J.)

L'ANRSLa lettre de l'Infectiologue et Vih.org s'associent pour couvrir le séminaire 2015 de l'Agence de recherche «VIH: Traitement universel précoce, de la théorie à la pratique».