Ces dernières ont pour but d’aider les soignants, l’ensemble des acteurs impliqués dans la prise en charge des patients, et les patients eux-mêmes à la meilleure démarche thérapeutique possible en vue de contrôler l’épidémie d’infection virale C en France.

Pascal Mélin, président de SOS Hépatites Fédération a estimé, à l'occasion de la journée nationale de lutte contre les hépatites virales du 2 juin, que ces recommandations ne présentaient «que des points satisfaisants».

L’hépatite chronique virale C est une maladie virale et une maladie hépatique. L'objectif principal du traitement est l’obtention d’une réponse virologique soutenue (ARN du VHC indétectable) 12 semaines après la fin du traitement. La «guérison» virologique est généralement associée à une lente régression des lésions hépatiques chez les malades sans cirrhose. Cependant, chez les malades avec cirrhose, même si le risque de survenue d’une décompensation de la maladie hépatique (insuffisance hépatocellulaire, hypertension portale) disparait, le risque de survenue d’un carcinome hépatocellulaire (CHC) ne disparait pas complètement.

Recommandation thérapeutiques

Pour l'AFEF, l'accès à un traitement universel est un objectif à court terme.

  1. Tous les patients doivent être évalués pour un traitement par les agents antiviraux directs.
  2. Le traitement est recommandé chez les patients qui ont une fibrose modérée, sévère ou une cirrhose.
  3. Le traitement est recommandé indépendamment du stade de fibrose chez les patients:
    - infectés par un génotype 3;
    - avec comorbidités (consommation excessive d’alcool, syndrome métabolique);
    - coinfectés par le VIH ou le VHB;
    - en attente de transplantation ou transplantés d’organe;
    - avec une manifestation extra-hépatique significative liée au VHC : vascularite liée à une cryoglobulinémie, néphropathie liée au VHC, lymphome non hodgkinien B;
    - avec une fatigue invalidante.
  4. Le traitement est recommandé indépendamment du stade de fibrose chez les patients à risque de transmettre le VHC:
    - usagers de drogues par voie parentérale et nasale;
    - hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes avec pratiques sexuelles à risque - femmes ayant un désir de grossesse;
    - professionnels de santé;
    - hémodialysés;
    - patients détenus;
    - patients vivant en institution.
  5. A court terme, le traitement universel doit s’intégrer dans une prise en charge globale: dépistage, prise en charge des comorbidités, prévention des recontaminations.

Recommandations en cas de co-infection VHC/VIH

  1. Il faut s’assurer du maintien du contrôle de l’infection par le VIH pendant et au décours du traitement de l’hépatite C.
  2. Il est recommandé d’évaluer les interactions entre les agents antiviraux et tous les médicaments pris par le patient en se référant aux sites www.hep-druginteractions.org ou www.afef.asso.fr ou www.infectiologie.com.
  3. Les modifications antirétrovirales éventuellement nécessaires avant initiation du traitement de l’hépatite C doivent être faites en collaboration avec le médecin référent pour le VIH.
  4. Après RVS, le suivi de la charge virale C est recommandé tous les ans chez les patients à risque de réinfection virale C.

L'AFEF rappelle enfin qu'il n’est pas recommandé d’arrêter le traitement antirétroviral pour introduire un traitement de l’hépatite C.

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