L'étude décrit la violence vécue par des adolescentes et des jeunes femmes en Tanzanie, explore l'utilisation de l'échelle WEB (Women's Experience with Battering) pour mesurer les actes de violence et examine les liens entre les actes de violence et les aspects sociodémographiques et les facteurs de risque de VIH . Un travail de recherche formative communautaire (CFR) et une simulation d'essai clinique (MCT) ont été effectués pour analyser les plus grandes difficultés à recruter de jeunes participantes (15-17 ans) dans les essais de prévention du VIH que de moins jeunes participantes (18-21 ans). La CFR a inclus des entretiens qualitatifs avec 23 participantes et la MCT comptait 135 participantes. L'échelle WEB a été utilisée à la fois pour la CRF et la MCT. Dix-neuf participantes à la CFR ont subi des violences physiques et/ou sexuelles et 17% ont été considérées comme des femmes battues. Toutes les participantes mariées ont déclaré avoir subi des violences domestiques exercées par leur partenaire et la moitié ont été considérées comme des femmes battues. Beaucoup considéraient les actes de violence comme quelque chose de normal. Aucune des participantes célibataires n'a été considérée comme une femme battue mais un tiers d'entre elles ont déclaré subir des violences familiales. Parmi les participantes à la MCT, 15% ont été considérées comme des femmes battues. Les auteurs des violences étaient dans la plupart des cas des membres de la famille. Les participantes les plus jeunes ont davantage déclaré être victimes de violences. Les adolescentes ont subi des taux élevés de violence domestique et l'échelle WEB a enregistré des violences commises par le partenaire et par la famille. Le niveau de violence familiale était inattendu et a des incidences sur la fonction parentale dans le cadre du recrutement pour l'étude. La question des violences subies par les adolescentes dans les essais sur la prévention du VIH et dans la population générale devrait être une priorité de santé publique. [Accès au résumé (en anglais)]

Note de la rédaction de Science Now

Malgré leur vulnérabilité accrue face au VIH, les adolescentes sont sous- représentées dans les essais cliniques sur les technologies de prévention du VIH. La violence domestique est un facteur de risque de VIH connu pour les adolescentes et les auteurs estiment que cela peut aussi constituer un obstacle à leur participation aux essais cliniques. Ce manque de participation peut ensuite les empêcher d'accéder aux technologies de prévention futures. Cet article apporte des informations méthodologiques sur les mesures pouvant être appliquées dans des milieux à faibles revenus pour déceler des cas de violence domestique et des preuves matérielles sur les chiffres élevés en matière de violence familiale et conjugale et de femmes battues dans ce groupe.

Cet article s'appuie sur les données issues d'une grande étude menée en République Unie de Tanzanie qui a examiné le recrutement et le maintien dans les essais de prévention du VIH des adolescentes de 15 à 21 ans. L'article analyse la prévalence et le type de violences domestiques exercées contre ce groupe et l'aptitude de l'échelle WEB à mesurer ces aspects. Bien que l'échelle WEB n'ait jamais été utilisée auparavant dans les pays à faibles revenus, les auteurs soulignent qu'elle peut être très intéressante pour identifier l'exposition à la violence domestique et conjugale parmi les participantes à l'essai. Certaines adaptations peuvent être nécessaires pour identifier les femmes victimes de violences et de coups mais qui déclarent ne pas avoir peur de l'auteur de ces violences. La composante qualitative de l'étude suggère que cela peut traduire le fait que la violence physique est considérée comme un aspect normal des relations intimes et familiales. Bien que cet outil d'évaluation puisse servir à informer sur les initiatives de maintien dans l'essai, les adolescentes doivent pouvoir participer à ces essais. Aussi, l'utilisation de l'échelle semble avoir un impact limité pour l'amélioration du recrutement initial dans les essais.

Les taux d'actes de violence familiale étaient au-dessus des prévisions. Cela risque d'avoir des incidences sur les fonctions parentales dans l'étude et contribue aux débat éthique sur l'opportunité de demander le consentement parental dans les essais en matière de prévention du VIH plutôt que de chercher à obtenir le consentement autonome de la personne. Cette problématique apparaît dans l'étude proprement dite qui prévoit le consentement des parents pour les filles de 15 ans. Cet article portait sur la façon de gérer la sous-représentation des adolescentes dans les essais sur la prévention du VIH. Il apporte en outre des éléments probants intéressants sur les taux élevés d'exposition des adolescentes à la violence domestique, de type conjugal ou familial. Ces arguments justifient les appels à accorder une plus grande attention à la violence domestique subie par les adolescentes dans les politiques de santé mondiales.

HIV this month

Cet article est tiré de la version française de HIV This Month, disponible sur le site de Onusida Science Now. HIV This Month cherche à fournir régulièrement des informations scientifiques pertinentes et mises-à-jour pour permettre au personnel de l'Onusida et aux personnes travaillant dans le champ du VIH/ sida d'être mieux informés sur ces questions spécifiques, en particuliers celles liés aux objectifs de lutte contre l'épidémie de sida formulés par l'Onusida.

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