La cohorte française ANRS VISCONTI suit un petit groupe de 14 patients, que l'on appelle les contrôleurs après-traitement (PTC ou post- treatment controllers), dont la charge virale reste indétectable après une interruption de traitement malgré une réponse CD8+ faible. Plusieurs études ont souligné le rôle des réponses immunitaires innées dans la résistance ou le délai de progression vers la maladie, ce qui a poussé les recherches plus spécifiquement vers les lymphocytes NK.

Il est constaté que les lymphocytes NK provenant des patients VISCONTI ont un répertoire cellulaire différent des patients contrôleurs naturels du VIH, des patients virémiques ou des personnes séronégatives. Ils connaissent une production plus élevée d'interféron de type II (IFN-γ), similaire aux patients traités depuis la primo-infection sans interruption, et une expression plus importante de certains récepteurs. Plus encore, les cellules NK observées dans la population VISCONTI sont capable de contrôler in vitro l'infection à VIH sur les cellules T CD4 autologues. Comme des changements similaires sont observés dans la phase précoce de l'infection aiguë, préserver le phénotype et la fonction des cellules NK lors de l'infection aiguë pourrait jouer un rôle important dans le contrôle de la réplication du VIH.

Des récepteurs différents et plus d’IFN-y

Les résultats des PTC ont été comparés à des patients virémiques, à des contrôleurs naturels du VIH, à des patients sous ARV depuis l'infection aiguë et à des donneurs de sang (témoins). Toutes les études phénotypiques ont été effectuées sur le sang total. La capacité des cellules NK à inhiber la réplication du VIH dans des cellules T CD4 autologues a été mesurées par mesure de l’antigéne p24 en intracellulaire ou dans les surnageant des cultures cellulaire.

Les patients Visconti patients montraient une expression significativement plus élevé des récepteurs CD158a, CD158b (KIR2DL2/DL3), CD158b / DX9 (KIR3DL1/3DS1) et NKG2A (respectivement: p <0,002, p <0,001, p <0.0.01, p <0,001) et une expression inférieure des recepteurs CD160 et NKp46 par rapport aux autres groupes (respectivement: p <0,001, p <0,03). L'activation des cellules NK mesurées par le marqueur CD69 était identiques à celle mesurée chez les donneurs sains mais inférieure à celle constatée chez les contrôleur spontanés du VIH (p <0,006) ou les patients virémiques (p <0,001).

Des études fonctionnelles indiquent une production d'IFN-γ plus forte que dans les autres groupes lorsqu’on stimulait les cellules NK par la lignée cellulaire K562 dans la cohorte Visconti (p <0,01). Le contrôle in vitro la réplication du VIH par les cellules NK ont été plus élevées chez les patients Visconti par rapport aux autres groupes (p <0,001).

Notons que les contrôleurs après traitement de la Cohorte VISCONTI ont été identifiés suite à l'interruption d’un traitement qu’ils avaient reçu de manière très précoce. Les derniers résultats de l’étude PRIMO semblent désormais confirmer qu’une telle interruption n’est pas souhaitable pour conserver le bénéfice d’un traitement précoce, en termes de restauration immunitaire.

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