De septembre 2008 à février 2014, 27 patients séropositifs ont subi une transplantation rénale. Les survivants ont été suivis pendant une durée moyenne de 2,4 ans. Le taux de survie chez les patients était de 84% à 1 an, 84% à 3 ans, et 74% à 5 ans. Les taux de survie du greffon était respectivement de 93%, 84% et 84%. Les taux de rejet étaient de 8% à 1 an et 22% à 3 ans. L’infection par le VIH est restée bien contrôlée, avec des charges virales  indétectables, après les transplantations. Ces résultats sont à comparer avec les chiffres concernant les personnes séronégatives dans le même service, qui connaissent un taux de survie proche avec 91% à 1 an et 85% à 5 ans.

Cinq patients sont décédés dans l'année suivant la greffe de diverses causes, dont cancers et maladies cardio-vasculaires. Le rejet de la greffe a également été un problème rencontré par l’équipe: Chez les 24 patients qui ont survécu à l'opération, cinq ont ensuite rejetté la greffe, pour un total de huit rejets au total. Des recherches antérieures ont montré que le rejet d'organes est plus fréquent chez les receveurs infectés par le VIH, ce qui indiquerait que ce n’est pas une problème lié à la séropositivité du donneur. Tous les greffons provenaient de donneurs morts.

Ces résultats sont importants à l’époque où l'espérance de vie des PvVIH augmente, parallèlement aux risques de connaître des problèmes de santé liés à la défaillance de certains organes. La greffe entre séropositifs est aussi une démarche pertinente dans une pays comme l’Afrique du Sud, qui connaît une forte prévalence de l’infection au VIH, l’équipe de recherche se voyant ainsi présenter de plus en plus de cas de donneurs potentiels en état de mort cérébral, mais séropositifs.

En France aujourd’hui, les organes de personnes séropositives ne peuvent pas être utilisés, même pour un receveur vivant avec le VIH.

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