Sensibilisés et formés aux épidémies du VIH et des hépatites B et C, les médecins généralistes peuvent proposer plus souvent un dépistage conjoint du VIH et des hépatites B et C aux consultants âgés de plus de 18 ans. C’est ce que révèle l’étude de la faisabilité du dépistage conjoint VIH/VHB/VHC, menée par l’Inserm U897 (C. Fagard, Bordeaux), soutenue par l’ANRS (France REcherche Nord&Sud Sida -hiv Hépatites), et publiée dans le Bulletin épidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 8 juillet 2014.

Proposer un test de dépistage conjoint VIH/VHB/VHC

66 médecins généralistes (MG) de Gironde et du Nord ont été recrutés pour participer à cette étude. Pendant une semaine, le MG devait proposer systématiquement un test conjoint de dépistage VIH/VHB/VHC à tout consultant majeur si au moins un des trois tests n’avait jamais été effectué. Si les tests avaient déjà été effectués par le consultant, un dépistage pouvait tout de même être proposé sur la base de signes cliniques ou si une exposition éventuelle aux virus était suspectée.

Parmi les 3566 consultants reçus durant cette semaine de dépistage, 2424 présentaient une indication de dépistage. Le dépistage conjoint VIH/VHB/VHC a été proposé à 68% d’entre eux soit 1641 personnes. Sur ces 1641 consultants, 77% se sont vus réellement prescrire un dépistage conjoint.

Des résultats encourageants

Les résultats montrent la faisabilité et l’efficacité d’une telle initiative. En effet, les tests de dépistage ont été plus souvent prescrits durant cette semaine par rapport à la semaine précédant la mise en place de cette étude: «Le nombre médian de dépistages prescrits par médecin est passé de 2 à 16 pour le VIH et de 1 à 17 pour le VHB ou le VHC»1.

Former les médecins généralistes aux épidémies

Grâce à cette étude les médecins généralistes ont également acquis une meilleure connaissance des situations à risques d’infection (acte chirurgical, tatouage/piercing…). Par conséquent, après l’étude, on note une augmentation des propositions de tests de dépistage selon la situation du consultant. «Ceci rappelle l’importance d’informer/former de façon réitérée les MG sur le VIH, et les hépatites B et C et sur leur implication dans le dépistage de ces pathologies».

Cette étude montre que sur une courte période, des médecins généralistes formés et motivés peuvent proposer plus souvent un dépistage conjoint du VIH/VHB/VHC. Toutefois, une formation des MG sur ces trois infections est essentielle à la bonne prescription du dépistage.

  • 1. Faisabilité du dépistage en conjoint VIH/VHB/VHC par les Médecins Généralistes de Gironde et du Nord en 2012 - Catherine Fagard (catherine.fagard@isped.u-bordeaux2.fr)1,2, Karen Champenois3, Jean-Philippe Joseph4, Bertrand Riff5, Nassir Messaadi6, Denis Lacoste7, Valérie Canva8, Juliette Foucher9, Geneviève Chêne1,2,10, Yazdan Yazdanpanah11,12 et François Dabis1,2 pour le groupe de travail Dépistage Gironde -Nord
    (1) Univ. Bordeaux, ISPED, Centre INSERM U897- Epidemiologie-Biostatistique, F-33000 Bordeaux, France - (2) INSERM, ISPED, Centre INSERM U897- Epidemiologie-Biostatistique, F-33000 Bordeaux, France - (3) IAME, UMR 1137, INSERM, F-75018 Paris, France - (4) Département de Médecine Générale, Université Bordeaux Segalen, Bordeaux, France - (5) Maison dispersée de santé, Lille, France - (6) Département de Médecine Générale, Faculté de médecine -Université Lille Nord de France, France - (7) CHU Bordeaux, Pôle de Santé Publique, COREVIH Aquitaine, Bordeaux, France - (8) Service des Maladies du Foie et de l’appareil digestif, Hôpital Huriez, CHRU Lille, France - (9) CHU Bordeaux, Hôpital Haut-Lévèque, Bordeaux, France - (10) CHU de Bordeaux, Pole de sante publique, Service d’information medicale, F-33000 Bordeaux, France - (11) IAME, UMR 1137, Univ Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, F-75018 Paris, France; INSERM, F-75018 Paris, France - (12) AP-HP, Hôpital Bichat, Service des Maladies Infectieuses, F-75018 Paris, France