Le nombre de décès dus au sida dans le monde a nettement reculé en 2013, avec 1,5 million de morts (-11,8% en un an), ce qui représente la plus forte chute depuis le pic de l’épidémie en 2005, a annoncé mercredi l’Onusida. «Mettre fin à l’épidémie de sida est possible», a affirmé le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sibidé.

Alors que le nombre de décès liés au sida reculait régulièrement de 100 000 par an depuis 2005, il a chuté de 200 000 cette année, selon le rapport annuel des experts de l’ONU présenté à Genève. Les décès liés au sida ont chuté de 35% depuis le pic de 2005.

Fort recul du nombre de décès dus au sida en 2013, Libération.

L'attention portée à l'épidémie de sida a eu un impact mesurable, souligne une étude publiée mardi 22 juillet dans The Lancet à l'occasion de la conférence par un groupe de chercheurs de l'institut américain IHME de l'Université de Washington, qui propose des chiffres proches de ceux de l'Onusida:

Ce travail offre aussi des chiffres sur l'état de l'épidémie de sida dans le monde qui sont sensiblement inférieurs à ceux diffusés la semaine passée par l'Onusida (l'organisme de l'ONU qui coordonne la lutte anti-sida). Pour 2013, le nombre des morts du sida a été estimé à 1,3 million (1,5 million pour Onusida), le nombre des nouvelles infections à 1,8 million (2,1 millions pour Onusida) et nombre de porteurs du VIH à 29,2 millions (35 millions pour Onusida). A son pic en 2005, l'épidémie de sida faisait 1,7 million de morts. Depuis 1997, le nombre des nouvelles infections a diminué au rythme de 2,7 % par an.

L'étude estime que l'épidémie de sida en Amérique latine et en Europe de l'Est est plus limitée que ce qui avait pu être estimé auparavant. En revanche, la situation est pire que prévu aux Philippines.

Sida : des millions de vies sauvées grâce aux antirétroviraux, Le Monde.

Vers la fin ou le contrôle de l'épidémie

A la lecture de ces chiffres, porteurs d'espoirs, on ne peut s'empêcher de se demander si la fin de l'épidémie est désormais envisageable, comme l'affirmait Michel Sidibé en ouverture de la conférence.

« Si nous accélérons l'ensemble de la mise à niveau en matière de VIH d'ici à 2020, nous serons sur la bonne voie pour mettre fin à l'épidémie d'ici à 2030 ». C’est ce qu’a déclaré, plein d’optimisme mais aussi de défi, le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé. La lutte contre le virus, décrit pour la première fois il y a 33 ans, serait donc à un tournant de son histoire.

Sida, peut-on mettre fin à l'épidémie?, France Culture.

Reste qu'il ne faudrait pas crier victoire trop vite: toutes les populations vivant avec le VIH ne sont pas égales face à la prise en charge et les adolescent.e.s africain.e.s particulièrement sont très exposé.e.s.

Le taux de décès liés au sida augmente parmi les adolescents (15 à 19ans), particulièrement parmi les garçons, selon les données présentées au congrès international sur le sida.

Le déploiement du traitement antirétroviral a été accompagné d’une chute des taux de maladies et de décès liés au VIH. Mais l’analyse des données provenant de l’Afrique subsaharienne montrent que, malgré l’amélioration des résultats chez les patients plus jeunes et plus âgés, le taux de mortalité parmi les 15-19ans est en hausse

Le taux de mortalité du SIDA chez les adolescents, Aidsmap.

Mais 24,7 millions de personnes vivent toujours avec le VIH en Afrique subsaharienne, les adolescentes africaines payant tribut particulièrement élevé à l’épidémie, le taux de couverture antirétrovirale reste globalement bas chez les enfants, et en population adulte de certaines régions (Afrique du Nord et Moyen Orient), une hausse des nouvelles infections dans certaines régions (Europe de l’Est, Amérique du Nord, Afrique du Nord et Moyen Orient, Europe de l’Est et Asie).

Ainsi, si les nouvelles données montrent des améliorations certaines, il serait prématuré et contre-productif de crier victoire trop vite (voir campagne Sidaction 2013). « A l’heure actuelle, aucun vaccin ne permet de prévenir la transmission du VIH et aucun traitement ne permet d’en guérir, ce qui rend impossible le fait d’envisager la fin de l’épidémie, a ainsi rappelé le Pr Salim Abdool Karim, directeur du Centre national de recherche sur le sida en Afrique du Sud. Grâce aux traitements disponibles, en dépistant et traitant le plus précocement possible les gens, un objectif réaliste serait de viser un contrôle de l’épidémie. »

Aids 2014: Entre espoirs et défis, Sidaction.

Plus que la fin de l'épidémie, donc, viser un contrôle de l'épidémie serait plus réaliste et doit constituer un des nouveaux objectifs de la communauté internationale.

«90 % des personnes vivant avec le VIH dépistées, 90 % des personnes vivant avec le VIH sous traitement et parmi ces dernières 90 % avec une charge virale indétectable».

Ce sont les nouveaux objectifs à atteindre pour 2020. « Grâce aux avancées des vingt dernières années, c’est le moment ou jamais de rendre le traitement accessible à tous », a souligné le ministre adjoint de la Santé du Brésil. « Pour y parvenir, il ne suffira pas de suivre les moyennes par pays, mais plutôt les résultats de chaque site de dépistage, de traitement et de suivi, afin d’adapter les mesures nécessaires, a précisé Mark Dybul, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Onusida: Nouveaux objectifs pour 2020, Sidaction.