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Au moment du checking-out - sans le petit tour à Abercrombie & Fitch ou à Banana Republic désormais présents aux Champs Elysées - passées les discussions sur la qualité du sac de congrès, sur la réussie fête de l’ANRS (malgré les tickets de rationnement [voir galerie photos] : 1 verre de vin = 2 sodas, y en a qui sont rentrés très “hydratés” quand même), sur la XXIIe CROI qui sera sise à Seattle - hélas - sans Air France, sur la modeste représentation française cette année, sur la toujours hypocrisie américaine des organisateurs de la CROI qui interdisent les laboratoires pharmaceutiques, dont 7 d’entre eux financent la CROI (Platinium, gold ou silver), d’être ne serait-ce qu’inscrit ad nominem à la CROI mais qui offre la tribune plénière au directeur de Recherche et Développement d’un grand groupe pharmaceutique pour parler de sa nanomolécule si prometteuse sur le front de la PreP… il faut bien retenir les images, les concepts que l’on va se rapporter.

Une image tout d’abord. Le directeur de l’ANRS l’a précisé dans son pitch de bienvenue aux français au 50ème étage du Top of the Hub-Skywalk : il faut s’inspirer de tout ce qui se passe dans la recherche sur le VHC... Comme un signe d’épuisement de la recherche anti- VIH ? Ou des ses financements ? Il est vrai que ne serait que les essais PEARL III et SYNERGY ou la “All oral combination” de BMS, donnent une idée du gouffre conceptuel qui sépare l’éradication du VHC et celle du VIH, avec d’un coté > 99 % d’éradication et de l’autre 90 % de contrôle virologique partiel.

10 ans du PEPFAR

Une autre image, celle du dollar, qui rejoint la problématique de l’argent comme file conducteur de la recherche. La dernière plénière a vu Stefano Bertozzi retraçait les 10 ans du PEPFAR, Stefano Bertozzi présenté comme universitaire de Berkeley mais qui est surtout directeur du département VIH de la Fondation Gates après avoir été à l’ONUSIDA, l’OMS et la Banque Mondiale. Le PEPFAR, créé par l’administration Bush en 2003, a depuis sa création fourni des traitements à plus de 6 millions de personnes atteintes et des services de counselling et de dépistage à près de 50 millions de personnes avec au passage, une leçon de business et d'analyse coût-efficacité des financements publiques ou privés. À l’autre extrême de la visibilité un modeste poster, le 550LB. Au passage une caricature de cécité monoculaire du comité de programme scientifique de la CROI de reléguer la plus grande étude randomisée sur la monothérapie d’inhibiteur de protéase anti-VIH – les américains n’y croient pas - en poster (587 patients sur 3 sites en UK suivis en moyenne 44 mois, 296 sous MonoIP, 291 sous traitement classique) qui démontre que ce choix d’allégement peut être dédit en cas d’échappement sans apparition de résistance et sans oblitérer les lignes thérapeutiques à venir. Avec une économie durant la période de 8 970 £ par patient…

Exit

Les images qui ont disparu : notre prix Nobel masculin, le livre d’abstracts que l’on stabilobossait, la translocation bactérienne comme cause d’entretien de l’inflammation chronique avec les pro biotiques en sautoir… Exit. Le score de Charter : presque exit (encore un effort). David Ho le chantre du “Cure” de 1996 et man of the year du Times de la même année : exit. Mais attention il reviendrait par la fenêtre (# 39, 941LB, 938). La salle de repos pour les personnes atteintes : exit. Par contre on a vu apparaitre une private/mothers lactation room (photo Constance Delaugerre - voir galerie photos). Mais dites nous Mme Croi, combien des 4 103 congressistes allaitent entre deux posters ? Le security man à coup de taureau qui vous effleure l’épaule à vous en faire grimper les CPK quand vous prenez une photo en session orale : exit. Cette année ce n’est que le Flash qui est interdit, comme au Museum of Fine Arts de Boston.

Et puis dernière image, dernière session (4-6 PM) : les IST . Peut-être plus d’IST l’année prochaine à Seattle ? La CROI 2014 s’est ouverte par la vaccination anti-HPV, elle se referme, si je puis écrire à 2 jours de la journée international des droits de la femme, sur la… vaginose bactérienne ! Avec Christine Katlama en chairwoman… Manquerez plus qu’elle nous en loupe l’avion du retour.