Dans le groupe de contrôle, les participants ont eu une séance d'information de deux à quatre minutes sur le dépistage. Dans le groupe d'intervention, les participants ont eu une séance de counseling de 30 minutes, basée sur le modèle précédemment validé de RESPECT-2. Le counseling comprenait une discussion sur le comportement à risque de l'individu et une négociation concernant un plan réaliste de réduction des risques que l'individu pourrait s'engager à suivre. Une explication rapide sur le test de dépistage du VIH et sur l'interprétation des résultats a été également fournie.

Les participants sont revenus six mois plus tard et ont été dépistés pour la syphilis, l'herpès, le VIH, la gonorrhée, la chlamydia et (chez les femmes) la trichomonase. Ils ont également répondu à un questionnaire sur leur comportement sexuel.

Au début de l'étude, 1% du groupe s'est avéré avoir un VIH non diagnostiqué, Six mois plus tard, 12,3% des personnes qui avaient reçu le counseling et 11,1 % des personnes appartenant au groupe de contrôle avait acquis une nouvelle infection. La différence entre ces deux chiffres n'était pas significative statistiquement et il n'y avait aucune différence significative si on analysait une infection sexuellement transmissible spécifique, ou lorsque les sous-groupes ont été analysés en fonction de l'âge, de l'origine ethnique, du sexe ou des toxicomanies. Cependant, les HSH qui avaient participé à l'intervention en counseling avaient beaucoup plus d'infections au VIH (18,7%) que les HSH du groupe de contrôle (12,5%).

En outre, il n'y a eu aucune différence entre les groupes de contrôle et le groupe d'intervention en ce qui concerne le nombre de partenaires et le nombre de rapports sexuels sans protection rapportés.

Une analyse financière a montré que le dépistage de chaque personne dans le groupe de contrôle coutait 23USD, par rapport à 56USD dans le groupe de counseling. Par conséquent, le counseling ne représente pas une utilisation efficace des ressources d'après les investigateurs.

Commentaire: Il est important de souligner ce que l'étude ne montre pas. Elle ne montre pas que le counseling pour la réduction des risques n'est pas efficace en tant que technique pour réduire les comportements sexuels risqués; en fait plusieurs études ont montré que le counseling est efficace pour les individus et les couples. L'intervention en counseling n'était pas conçue pour être une discussion en profondeur sur le pour et le contre du dépistage et ne faisait pas partie d'une procédure formelle de consentement éclairé. L'étude ne dit rien sur le counseling après le dépistage pour les personnes diagnostiquées avec le VIH, qui est en général considéré essentiel et qui s'est aussi montré efficace chez les personnes désirant une prophylaxie post-exposition, Ce qu'elle montre est que l'inclusion d'une séance de counseling obligatoire sur la réduction des risques sexuels avant le dépistage du VIH n'est pas nécessaire, et que cette séance n'a aucun effet sur les comportements risqués postérieurs et qu , chez les hommes gays, elle pourrait même être contre-productive.

> Traduction de Sylvie Beaumont.

Lire l'article intégral (en anglais) sur Aidsmap.com.

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