14ème conférence européenne sur le VIH / sida de Bruxelles: l'European AIDS Clinical Society (EACS) et l'European AIDS Treatment Group (EATG) ont dénoncé aujourd'hui lors d'une conférence de presse les mesures législatives et politiques discriminatoires à l'égard des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) en Russie. Elles rappellent que l'homophobie et la transphobie font obstacle à la lutte contre le sida et en appellent au gouvernement russe afin que soit aboli le récent article de loi 6.21 pénalisant la "propagande des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs", lequel constitue une violation des droits humains.

> Conférence de Bruxelles: les experts médicaux contre la législation russe anti-gay, Fil Rouge.

Deux militants d’Act Up-Paris sont présents du 16 au 19 octobre à Bruxelles pour participer à la 14ème édition de l’European AIDS Conférence organisée par l’EACS (European AIDS Clinical Society). Plus de 3 000 personnes sont réunies, venant principalement du Royaume Uni, de Belgique et de France.

> Chronique de l’EACS 2013, jour 1, Act Up-Paris.

Les personnes qui ont un faible niveau d’étude sont plus à risque d’avoir des moindres réponse virologique et reconstitution immunitaire; ce qui peut les exposer à un risque accru de sida ou de mort.

Par ailleurs, COHERE avait permis de montrer que les personnes à faible niveau socio-économique avaient un risque accru d’être dépistées tardivement et l’étude présentée par Eugenia Krastinova au séminaire de l’ANRS a montré qu’un faible niveau d’étude et des conditions de vies précaires pouvaient amené à retarder l’initiation du traitement. Cela est cohérent avec le fait visible dans la figure ci-dessus : l’initiation du traitement se fait à un niveau de CD4 plus faible pour les personnes ayant le plus faible niveau d’étude.

> Chronique de l’EACS 2013, Jours 2 et 3, partie 1, Act Up-Paris.

La situation du VIH est catastrophique parmi les usagers de drogue par injection, le taux de prévalence atteignant 30% en Russie et dépassant même 70% en Azerbaïdjan. Le nombre moyen de seringues stériles distribuées par usager de drogues ne dépasse pas 50 par année. Il n'y a guère qu'en Lituanie et en Estonie que le nombre d'injecteurs recevant un traitement de substitution avoisine les 10%.

> "La situation du VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale est dramatique", Michel Kazatchkine, Fil Rouge.

Le taux de suicide est 27 fois plus élevé chez les personnes séropositives que dans la population générale. Des universités canadiennes ont étudié une cohorte de 5229 participants et ont conclu que les suicides se produisent davantage au début des trithérapies et diminuent ensuite chaque année (jusqu'à 51% de baisse).

> VIH: Ceux qui ont frôlé la mort veulent moins renoncer à la vie, Fil Rouge.

Les migrants vivant en Europe occidentale sont touchés de manière disproportionnée par le VIH. Ils représentent plus de 39% des nouveaux diagnostics de VIH pendant la période 2007-2011 et leur taux de mortalité varie selon l'origine géographique. Ce sont les conclusions auxquelles sont arrivés des chercheurs du Centre National d'épidémiologie à l'Institut de Santé Carlos III de Madrid. Ces derniers ont étudié 33 cohortes VIH à travers l'Europe (plus de 111'155 personnes) et ont analysé les taux de mortalité selon l'origine, les modes de transmission et l'orientation sexuelle.

> VIH: Le taux de mortalité varie selon l'origine géographique... mais pas seulement, Fil Rouge.

La prophylaxie pré-exposition ( PrEP ) est un domaine très prometteur de la prévention biomédicale, bien que l'adhérence aux traitements soit encore un obstacle important à son application pratique.

Dans ce type de prévention, les femmes jouent un rôle moteur: elles représentent près de la moitié des ordonnances de Truvada en tant que PrEP aux États-Unis. Un chiffre surprenant et particulièrement élevé au regard d'autres types de prévention.

> VIH: les femmes moteurs de la prévention biomédicale, Fil Rouge.

Deborah Glejser, porte-parole du Groupe sida Genève et responsable du domaine Mobilisation et droits humains, a fait une présentation lors de la Conférence internationale sur le VIH à Bruxelles sur l'impact des trithérapies sur l'évolution des lois suisses en matière de criminalisation du VIH.

La simple exposition au VIH, sans transmission du virus, est un crime pénal en Suisse, et ce même si le personne séronégative était informée de la séropositivité de sa ou son partenaire et a consenti à un rapport sexuel sans préservatif. Depuis 1990, ce sont plus de 80 actions en justice qui ont été menées à ce titre dans notre pays contre des personnes séropositives.

> Suisse: l'effet préventif des trithérapies a influencé la loi, Fil Rouge.

Le Professeur Bernard Hirschel, ancien chef de l'unité VIH/sida à l'Hôpital universitaire de Genève et membre du comité du Groupe sida Genève, a pour sa part montré que l'augmentation de l'accès aux traitements est corrélé avec une baisse équivalente de l'incidence du VIH. Cette diminution est particulièrement visible en Afrique.

"L'effet préventif des traitements a eu des conséquences extraordinaires dans la diminution des nouveaux cas de VIH" a réaffirmé le chercheur suisse. Les personnes qui commencent un traitement sont celles qui ont le système immunitaire le plus faible. Étendu à des personnes séropositives avec une immunité plus forte, il sera difficile à moyen-terme pour les chercheurs de continuer à prouver que les trithérapies continuent d'avoir un rôle préventif déterminant" conclut Bernard Hirschel.

> Extension des traitements et prévention en clôture de la conférence EACS, Fil Rouge.